GAR244

Date: 24-03-1960
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Typed letter
Publisher: Tüskés Anna (23-06-2017)
Folio number: 1

Cher Gara,

Voici un premier lot de traductions.

« Tristesse en culture » m’a demandé beaucoup de travail. Je crois que certains passages ne collent pas, mais il faudrait me donner une traduction littérale plus précise et mieux articulée syntaxiquement. C’est clair comme du jus de boudin.

« Le balancier », de Géréblyès. J’ai retrouveé ce texte, dont la version française est de Géréblyès lui-même. Ce poème n’est pas si mal ! J’aurais voulu caser, dans le dernier vers, le « bois de sapin » ou « la sapinaie », mais je n’ai pas réussi. Avec « bois de hêtre » c’étais commode de faire rimer (avec « peut-être) mais voilà : c’est du sapin, pas du hêtre !

« Vingt ans après » de Vajda. J’ai poussé la coquetterie jusqu’à la perfection prosodique. Il est vrai que ce poème est d’un tour facile.

« T’aimer comme je t’aime » de Lorinc Szabo. Si je pouvais mettre « âme » au lieu de « couleur » dans le Deuxième quatrin, ça permettrait une meilleure rime (emplie au lieu d’empli)

« Nostalgie de Paris », de Radnóti. Je crois que ça colle, sauf le « Il y avait un boulanger au coin de la rue Monsieur le Prince ». Pour mettre ça dans un alexandrin, vous pouvez vous lever de bonne heure. Peut-on remplacer par un autre nom de rue ? « un boulanger perchait au coin de la rue d’Ulm » mais la rime ? « rue d’Ulm il y avait une boulangerie »

« Carte postale de Paris », d’Attila. Voyez...

Envoyez moi d’autres poèmes. Je travaille en attendant sur ceux qui me restent.

Songez à celui d’Illyés.

De toutes façon, il faudra sans doute revenir, ensemble, sur les versions que je vous propose. J’espère qu’on arrivera à quelque chose... si les petits cochons ne nous mangent pas.

De tout coeur, ami.

Jean Rousselot

Si vous veniez déjeuner dimanche ? Train St Lazare à midi moins dix descendre à St Nom la Bretèche (terminus)