GAR340

Les Documents et Reportages Internationaux Agence de Presse, Paris
29 rue Surcouf Paris (VIIe)
Date: 13-10-1958
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Typed letter
Publisher: Tüskés Anna (16-07-2017)
Folio number: 1

Cher Gara,

Il y a quelques mois, vous avez eu la mauvaise idée de m’envoyez votre ami, M. Rosta. Vous connaissez les péripétie de son affaire : par suite de votre refus de faire la traduction vous-même, il en a fait faire une, absolument indigeste par un de ses parents, qui lui a couté, parait-il, beaucoup d’argent (Il m’a cité des chiffres qui n’ont pas toujours été les mêmes).

J’ai eu ensuite beaucoup de mal à trouver un adaptateur, avant de tomber sur un jeune écrivain de beaucoup de talent, qui, avec infiniment de patience et énormément de travail a fait une excellente adaptation, que M. Rosta, lui-même, a trouvée, non sans raison supérieure à l’original.

Cependant, l’adaptation n’était terminée que cet été et nous avons lancé le manuscrit il n’y a même pas deux mois.

Entre temps, j’ai versé quarante mille francs d’à valoir à l’adaptateur et vingt mille francs, nullement prévus, uniquement par gentillesse à Rosta.

Hélas, les résultats sont jusqu’ici nuls, le manuscrit a été refusé par plusieurs journaux et éditeurs, non qu’il soit mauvais, je continue à croire qu’il est intéressant, mais simplement parce qu’il n’est pas un chef d’oeuvre et vous savez comme moi que journaux et éditeurs reçoivent constamment des centaines de textes « intéressants » parmi lesquels ils doivent choisir.

Je ne désespère cependant pas et il y a notamment un agent qui pense qu’il y a peut-être quelque chose du côté américain.

Ce qui est fâcheux, c’est que Rosta qui doit avoir des soucis, comme tout le monde, m’envie des lettres, dont je vous joins le dernier specimen. Comme c’est un pauvre type, je ne veux pas me fâcher et vous demande, dès la réception de ce mot, de vous mettre sans faute en rapports avec lui, pour lui expliquer que c’est probablement sa seule chance et que sans moi aucun éditeur ni journal n’aurait sans doute lu plus de dix pages de son manuscrit.

Ceci dit, s’il veut reprendre ses droits, et j’en serais ravi, il n’a qu’à me rembourser les 40 plus 20.000 francs, plus les autres frais – je lui fais cadeau de mon temps perdu.

Je compte sur vous, cher Gara, pour le voir d’urgence.

Cordialement

Lucien Corosi