GAR067

Bruxelles 5 12 Rue Crespel
Date: 05-09-1965
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Typed letter
Publisher: Tüskés Anna (29-05-2017)
Folio number: 1

Cher {Lázló[ !] Gara|1235}.

Voilà plus d’un an que je n’ai plus rien entendu de toi. Par ailleurs, je rentre de Budapest où j’ai été reçu par le PEN. Nous y avons passé plus de deux semaines, et elles ont été bien remplies. Il y fut, naturellement, beaucoup question de traduction, et c’est pourquoi je t’écris ce mot.

J’ai été reçu chez Corvina (Mr Pödör) et il résulte de cette conversation à peu près ceci : ils m’ont demandé ce que je pourrais faire, quelles initiatives je pourrais prendre. Je leur ai répondu que j’étais à la disposition de tout un qui entreprendrait un nouveau travail, mais que, étant donné qu’ils possèdent en France le meilleur chef d’orchestre qu’ils peuvent rêver (un nommé Gara qui a fait la preuve éclatante de son savoir-faire), je croyais peu efficace de travailler en ordre dispersé – mais, au contraire, indispensable que le dialogue continue avec toi qui dispose d’une équipe de traducteurs éprouvés, dont j’ai fait partie et dans laquelle (puis’ils – au PEN et ailleurs – paraîssent apprécier les travaux que j’ai déjà faits) je compte m’insérer de façon plus active. Cela veut dire que je te rappelle être à ta disposition quand tu penseras avoir besoin de nous, c’est à dire d’Isabelle et moi.

En plus de cela, j’ai rencontré non seulement leur adhésion, mais j’ai rejoint un voeu qu’ils font, a savoir que, l’ANTHOLOGIE GARA existant, comme un guide parfait dans (dans ce qui fut) le dédale de la poésie hongroise, l’heure est venue non d’ajouter d’autres anthologies générales à celle qui existe, mais, bien au contraire, de faire connaître, d’une manière approfondie et complête, l’oeuvre des lus grands caïds de ladite poésie. Tu as fait un Illyès et un Kassack. Il paraît que tu travailles à un Ady pour Seghers. Les noms de Kostolanyi, de Toth Arpad, de Babits et de Fust Milan ont été cités.

Te voila donc informé, dans la mesure où cela peut t’intéresser. Nous viendrons à Paris sans doute à la fin de ce mois. Nous pourrions nous rencontrer, et si tu pouvais nous consacrer une heure, cela ne serait peut-être pas inutile. En tous cas, je t’écrirai un mot dès que je saurai la date exacte de notre passage à Paris. En dehors de cela, j’ai fait à l’Université une conférence sur la poésie. Parmi mes auditeurs, j’ai vu ton neveu Georges qui t’envoie son salut. Du côté du PEN, on a bien insisté aussi pour que je te dise qu’ils sont très déçus de ton refus de venir à Bp, où l’on t’attend avec tous les honneurs dus à ton rang. Voilà qui est fait.

A tout ceci, je pourrai, sans doute, ajouter quelques détails de vive voix, et, en attendant, crois à mon salut le plus cordial ;

Pierre Della Faille