GAR454

29 rue Surcouf, Paris, 7ème
Editions John Didier, 6 rue Garancière Paris 6e
Date: 02-02-1964
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Typed letter
Publisher: Tüskés Anna (31-07-2017)
Folio number: 1

Messieurs,

Je regrette sincèrement que depuis ma lettre du 4 janvier dernier vous n’ayez pas trouvé le temps de me répondre. Je ne puis en effet accepter comme une réponse la déclaration faite au téléphone par M. Didier, par laquelle il m’apprenait que la Maison ne m’a pas écrit car ses positions dans le différend qui nous sépare n’ont pas varié.

La mienne, justement, a varié. Je retire la proposition de conciliation que je vous ai faite par laquelle je vous ai offert de renoncer à tout honoraire à partir de la 501ème page de l’ouvrage de M. Georges Faludy. Votre attitude m’interdit de vous faire des cadeaux. Je souhaite, par ailleurs, que vous me payiez sans retard la totalité des honoraires que vous me devez et non pas seulement une partie. J’estime que j’ai déjà trop attendu.

Les choses étant ce qu’elles sont, j’ai l’impression que vous ne désirez plus publier ce livre, autrement, il y a longtemps que vous m’auriez fait parvenir les remarques de l’auteur à propos de la traduction. J’en suis navré pour M. Faludy et irrité pour moi-même. En ce qui concerne le prochain livre de cet écrivain qui, à mon sens, peut être un grand succès de librairie, je refuse de le traduire pour vous, ayant été suffisamment échaudé comme cela. Il semblerait que vous pensiez que si le texte de « Vacances en Enfer » a été plus long que prévu, c’est parce que j’ai voulu avoir un travail plus important. Cette supposition est parfaitement fausse. J’ai agi uniquement dans l’intérêt de l’ouvrage et non dans le mien. Je ne manque pas de besogne. Le mois dernier seulement, quatre livres sont sortis, traduits par moi ou avec ma collaboration, chez des éditeurs de premier ordre. Chez aucun de vos confrères, je n’ai connu de pareilles tribulation et je n’ai nulle envie de recommencer à en avoir avec vous.

Une dernière remarque : vous gradez depuis plusieurs semaines par devers vous les remarques de l’auteur à propos de la traduction (suggestions pour des pages à couper, d’autres pour en ajouter, rectifications du sens de certaines phrases). Si vous désirez que cette ultime révision soit faite, ce dont je doute maintenant, il me faut le même délai que celui que vous prenez pour me remettre ce travail. Je ne veux pas être bousculé comme je l’ai été pour la remise du manuscrit en été dernier.

Veuillez agréer, Messieurs, l’expression de mes salutations distinguées.

P.S. Je me permets de vous faire remarquer que vous ne m’avez pas envoyé le relevé des sommes que j’ai touchées chez vous pendant l’année 1963 et pour lesquelles vous m’avez déclaré au fisc. Tous les éditeurs sans exception ont cette coutoisie envers leurs collaborateurs, pour que ceux-ci puissent réagir en cas de contestation.