GAR387

Editions du Seuil, 27, rue Jacob Paris 6e
Date: 26-04-1962
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Typed letter
Publisher: Tüskés Anna (21-07-2017)
Folio number: 1

Cher Monsieur,

Je m’excuse de répondre avec un si grand retard à votre aimable lettre, mais entretemps je devais organiser une exposition du livre hongrois à Prague et je ne suis rentré à Budapest qu’il y a quelques jours.

Je voudrais, avant tout, vous remercier du vif intéret que vous portez à la littérature hongroise, intérêt dont témoigne non seulement la publication de plusieurs ouvrages hongrois, mais aussi cette généreuse invitation que je viens de recevoir. Malheureusement il m’est impossible d’aller à Paris à la date que vous avez bien voulu m’indiquer à cause de mes multiples occupations. Je pense d’ailleurs que cette date liée à la parution de l’anthologie de la poésie hongroise peut preter à des interprétations indésirables. En effet l’anthologie telle qu’elle se présente aujourd’hui peut éveiller beaucoup de suseptibilités parmi nos poètes. D’aucuns, qui connaissent le projet, pensent que dans l’anthologie il y a de notables lacunes et en même temps y figurent certains auteurs que nos poètes ne considèrent pas vraiment représentatifs. On aurait préféré également une préface écrite par un poète français et non pas un Hongrois émigré. J’ai attiré sur ces problèmes l’attention du rédacteur à un momant où l’on aurait pu discuter et peut-être modifier certaines choses. Il est possible qu’il ait considéré une discussion sur ce sujet comme inutile, toujours est-il que d’après les renseignements, qui nous sont parvenus, il a maintenu sa position initiale. Or, dans ces conditions, devant le fait accompli, il serait difficile d’engager une discussion utile.

Je suis d’accord avec vous, Monsieur le Directeur, qu’on colloque sur les problèmes de traduction de la poésie hongroise – entre poètes français et poètes hongrois – serait bien nécessaire. A mon avis, cette discussion devrait s’engager sur la base de tous les recueils de poésie hongroise parus en France ces derniers temps. Mais pourquoi organiser un tel colloque avec un caractère semi-officiel, quand dans le cadre de l’accord culturel conclu entre nos deux pays ou dans celui des échanges entre le Pen français et le Pen hongrois, on pourrait le faire d’une façon officielle ?

Je coris qu’une telle solution serait très avantageuses au point de vue du resserement des liens culturels et notamment littéraires entre la France et la Hongrie. Il est évident que si cette proposition est acceptée, nous tiendrons très largement compte de vos suggestions, étant bien entendu que nous apprécions hautement les efforts que vous déployez dans l’intéret de la diffusion de la littérature hongroise en France. Voudriez-vous me dire quelle est votre opinion là-dessus ?

En vous remerciant de votre aimable invitation et en exprimant mon très vif regret de ne pas pouvoir m’y rendre, je vous prie, cher Monsieur, de croire à mes sentiments les plus distingués.

Béla Köpeczi