BLE PC 281

23, rue George Sand Paris 16e
Date: 19-05-1964
Language: French
Repository: Private ownership
Document type: Letter written by hand
Publisher: Tüskés Anna (22-12-2017)
Folio number:

Cher Monsieur Lazar

J’ai tant et tant à m’excuser envers vous de vous avoir si longtemps laissé sans nouvelles et de ne pas vous avoir remercié de votre si aimable lettre, que je ne sais comment m’y prendre. La paresse à écrire est un fait d’écrivain. Ne m’en veuillez donc pas trop. – je dois d’abord vous dire qu’il ne fut jamais dans mes intentions de vous adresser quelque reproche que ce soit, même sous-entendu. J’ai du employer une tournure de phrase qui pouvait être prise dans des sens différents, mais, je vous le répète, il n’y aurait eu là aucune malice voulu de ma part. Soyez en donc convaincu. J’ai eu par M. Banyai communication des affiches et critiques que vous lui avez fait parvenir. De ces critiques, il m’a fait traduire quelques extraits. Certains, comme celui de ’Esti Hírlap’ sont très bons et correspondent aux premières impressions que vous aviez eues lors des premiers jours. Il va en être fait état dans la presse française et je ne manquerai pas de vous envoyer les articles parus. J’aimerai cependant à savoir, pour appuyer la chose, si la pièce est toujours jouée- comment elle se comporte. Dans un cas favorable, j’envisagerai de me rendre à Budapest et vous avertirai de la date de ce voyage express, afin d’être sûr de vous rencontrer et peut-être d’ébaucher avec vous les possibilités d’une future collaboration. Sous l’égide de M. Banyai, bien sûr. Soyez donc aimable de me renseigner sur ces points. Il me serait également très agréables de recevoir un ou deux programmes, d’un pour mon ami Rullier, l’autre pour moi. Si vous aviez le loisir de la faire, vous me feriez véritablement plaisir. Je suis un peu honteux de mettre ainsi et sans cesse votre amabilité à contribution. Il est bien difficile de faire autrement, les temps que nous vivons racourcissant les chemins tout en éloignant les distances. Tout est bien compliqué, partout où que l’on soit. Rien ne peut être complet ici bas. Et comme c’est dommage! Si ce n’est l’amitié que je vous porte et dont je vous prie de recevoir ici le fervent témoignage

Marc Didier