GYA070

Date: 15-09-1956
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Typed letter
Publisher: Tüskés Anna (11-02-2018)
Folio number: 1

Mon cher Miklos, je suis vraiment heureux d’avoir eu de vos nouvelles par notre ami Gyergyai, au retour d’un voyage en Belgique (Biennales poétiques de Knokke) où j’ai rencontré votre confrère Jankevitch (de ce qui j’égaré l’adresse, et je lui avais promis des livres et revues…) J’ai à peine suivi les Rencontres intern. de Genève: les réunions de purs intellectuels m’accablent, et j’ai préféré rester sous l’impression excellents à tous égards du congrès de Knokke, dont Jankevitch sans doute vous parlera. – J’ignorais votre mariage et votre double paternité: Je vous en fais, à Mme Hubay et à vous, mes compliments amicaux, avec beaucoup de voeux de bonheur. J’aimerais bien que vous puissiez venir à Genève quelque jour. Le mot ci-joint vous serait-il de quelque utilité? Vous recevrez le No 3 de Présence au début d’octobre. La collaboration hongroise serait précieuse, vous le savez bien, et peut-être cette revue se développera-t-elle normalement à partir de l’hiver prochain. La Suisse reste - la Suisse, et le patriotisme aveugle n’est pas mon fort, vous le savez. – Meyrat sera content d’apprendre que vous approuvez son article, certes rapide, mais problème sur lequel on reviendra. J’attire votre attention, dans le No 3, sur l’étude de Paul Diel: Mythe et Dogme. Diel est de naissance autrichienne. Je le verrai à Paris sans doute vers la fin de ce mois. Je vous enverrai dans l’hiver un Choix de poèmes, que je ne publie pas sans une certaine mélancolie, car l’heure des „Choix” est celle de la maturité bien tassée! … Je verrai aussi Prudhommeaux, qui va collaborer.

J’ai pu atteindre ce matin Miss E. Coath (52 Bd. des Tranchées) par téléphone. Après un assez long entretien, elle me demande de lui confirmer par lettre votre proposition: elle ne me paraît pas disposée à se défaire des Piranese sans contre-partie financière. Ne pourriez-vous arranger les choses par l’entremise de la légation à Berne? Ou écrire directement d’abord à Mlle Coath? Dans tous les cas, je suis à votre disposition pour intervenir de mon mieux auprès d’elle. J’ai compris qu’elle demande à être dédommagée d’une perte qu’elle aurait subie. A propos de ”dépôts”, je vous signale que j’ai toujours chez moi une paire de souliers bas vous appartenant! Je me rendrais certes volontiers un jour en Hongrie, s’il est possible d’organiser une tournée d’écrivains (pas trop de Professeurs!), ou un échange poétique. Vous me direz les possibilités lorsqu’elles se présenteront. – Mais je vous suggère d’accompagner notre ami Gyergyai l’an prochain aux doctes Rencontres. Il faudrait vraiment que les liens culturels d’antan se rétablissent, je veux dire ceux que fondent l’amitié éprouvée et le souci de créer utilement. A vous, cher Miklos, mes amitiés fidèles Gilbert