FG_BLE28

Nice
Budapest
Date: 27-07-1978
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Letter written by hand
Publisher: Tüskés Anna (02-08-2017)
Folio number: 1

Mon cher André,

Merci de ta lettre du 14 juillet qui m’a fait penser, puisque tu écoutais en m’écrivant la retransmission du défilé, à cette vieille chancon que me chantait mon père quand j’étais petit « En rev’nant de la revue ». Je t’écris, moi, ce soir, en écoutant à France Musique la transmission de l’Or du Rhin, d’une façon un peu distraite, je l’avoue.

Je suis content de savoir que Jacqueline est guérie. Irène va bien. Sur ce plan donc, nous sommes tranquilles tous les deux.

Merci aussi de m’avoir indiqué que la prière d’insérer que j’ai trouvée très pertinente était l’oeuvre de Veronique Somlo-Gergély. Je lui ai écrit pour la remercier tout de suite et je leur ai envoyé à elle et à son mari ma plaquette.

Si Csaba vient à Nice, je serai content de le voir. S’il ne vient pas trop vite, j’espère pouvoir lui montrer notre appartement dans un tout autre état que celui dans lequel il se trouve depuis le début d’avril : le ravalement de la façade de notre maison sera terminé demain et je vais me mettre immédiatement à faire le nettoyage et commencer à raccrocher les tableaux, sortir des cartons les objets que j’y ai enfermé etc. En septembre, debutera le ravalement du derrière de la maison. Nouvelle perspective réjouissante.

Je vois avec joie que l’année prochain tu seras Niçois et Mentonnais.

Félicitaions pour ta découverte au sujet de Paul Demény. Ce ne devait pas être facile d’obtenir les renseignement nécessaires mais tu es particulièrement doué pour trouver les tenants et aboutissement de tout ce qui relève du domaine franco-hongrois.

J’ai bien connu Bargès encore à l’époque où il était à Budapest, avant mon départ en 49 et je l’ai revu ensuite à Nice, il peut y avoir 17 ou 18 ans, lorsque ma mère vivait encore et que nous habitions chez elle. Depuis, je ne sais rien de lui. A cette époque là sa mère, si je ne me trompe, habitait Parthenay, comme il me l’avait dit, ce qui m’avait frappé car, comme je le dis dans ma petite plaquette, ma grand-mère maternelle et certains de mes garnds-oncles ou cousins de ma grand mère étaient, eux aussi, de Parthenay. J’ai connu en 1922-23, à l’époque où il était étudiant à la Sorbonne, Politzer car il faisait partie du groupe qui, autour de Pierre Morhange, avait fondé cette revue Philosophie dans le 2e numéro de laquelle j’ai donné un petit article sur l’Antigone, adapations de Cocteau, jouée au théâtre de l’Atelier par Atanasion, Dullin, Artaud, dans un décor de Picasso. Morhange, si je ne me trompe, a été édité, après Gallimard pour ses poèmes de 1933 La Vie est unique, encore en 66 par Oswald pour « Le seulement lui-même ». Il était de la même année 1901 que moi et peut-être Oswald pourrait te donner son adresse. Il te fournirait sur Politzer certainement des renseignements précieux. Et aussi un autre du groupe qui a traduit avec Morhange des poèmes d’ouvriers américains : « Norbert Gutermann » dont je ne sais plus rien d’autre.

Tu es d’une fertilité et d’une capacité de travail stupéfiantes. Le second tome de tes Mémoires après, ton anthologie et ton recueil d’études. Je ne connaissais pas la 1e édition de ton Szürrealizmus.

Nous nous sommes bien amusés, Irène et moi, à la lecture de ton article sur Jean-Edern Hallier, cet invraissemblable mythomane que nous avons bien connu enfant car nous avons souvent déjeuné chez les Hallier, quand le colonel était attaché militaire à Budapest. Et lorsque les Russes l’ont relaché nous les avons un peu nourris de soupe de haricots, tous ce que nous pouvions faire comme cuisine, Benczúr u. où se trouvait, avant que nous y habitions, le siège de la « Représentation des Intérêts français », avant que ne soient renouées les relations diplomatiques entre la France et la Hongrie.

J’ai été très surpris de recevoir, il y a quelques semaines, une lettre de Ronai Mihály András et de Gábor Marianne me disant qu’elle a été chargée par Europa de faire la couverture et quelques illustrations de mon roman. Comme je l’écris à Véronique, c’est une sorte de conspiration amicale qui s’est produite à propos de ce bouquin car je ne suis pas certain qu’on ait su au départ que Szávai était, avec Gyergyai, mon plus ancien ami hongrois et que les mêmes liens d’amitié m’unissaient avec Marianne que j’ai déjà connue chez ses parents avec son frère et sa soeur, quand elle était une toute petite fille, avant qu’elle ne devienne mon élève à l’Ecole des Bx Arts et que nous sommes toujours restés, ainsi qu’avec Mityu, en relations depuis plus de quarante ans.

Où vas-tu en vacances ? Merci de tes souhaits pour mon anniversaire. Comment fais-tu pour te rappeler les dates de tes amis. Sur ce plan, ma mémoire est terriblement déficiente. Bien à toi affectueusement, mon cher André

FGachot