FG_BLE64

Nice
Budapest
Date: 17-07-1982
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Letter written by hand
Publisher: Tüskés Anna (02-08-2017)
Folio number: 1

Mon cher André,

Je suppose que tu ne t’étonneras pas trop de voir que j’ai mis pas mal de temps à lire ton livre sur tes années de guerre parisiennes (avec un humoristique intermède au camp de Barcarès). C’est d’une telle richesse d’une telle abondance de faits, d’événements, interprêtés par toi, de figures que tu fais revivre, de réflexions et de vues pertinentes qu’après quelques pages lues avec attention on est obligé de reprendre souffle avant de poursuivre la lecture pour emmagasiner en soi l’essentiel. Il faut dire qu’à partir de la fin de septembre 39, le Ministère m’ayant tout naturellement fourni les papiers nécessaires pour regagner mon poste avec Irène, la fille de celle-ci restant chez ma mère, ce n’est que de loin et de mon bureau du service de presse de la Légation que j’ai suivi jusqu’en fin décembre 45 ce qui se passait en France et que pour moi ton livre représente la seule chronique complète et véridique à laquelle j’aie pu me référer depuis, tout le reste consistant en différents types d’écrits sur la même période ou d’historiographes ou d’écrivains et d’hommes politiques, chacun s’attachant à des aspects plus particuliers. Je me demande d’ailleurs comment tu as pu rassembler tant d’éléments et les rendre à la fois tellement présents dans l’esprit de ta lecture qu’on a l’impression de les revivre à tes côtés. Une étonnante réussite qui fait mon admiration.

Csaba et Andrea sont encore à Nice et nous étions longuement ensemble chez nous. Dommages qu’ils n’aient guère l’occasion, vu la canicule qui regnait déjà avant leur arrivée, sans parler du fait que le bain de mer n’est ni un refraichissement ni un vrai plaisir, température de l’eau allant de pair avec la présence de méduses dont la piqure cause de fortes brûlures, de profiter de ce séjour comme il l’aurait fallu. Mais voilà des années que nous n’avons eu un pareil été sans la moindre pluis, de trente deux à trente quatre à l’ombre, et même jamais au-dessus de 28 la nuit. [...]

Nous t’embrassons Irène et moi. Merci encore de cette merveilleuse lecture.

FGachot