FG_TI63

Nice
Date: 26-12-1982
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Letter written by hand
Publisher: Tüskés Anna (26-07-2017)
Folio number: 1

Ma chère Ili,

Merci de ta lettre et de tes bons voeux reçus déjà avant-hier. Mais je n’enverrai ma lettre que demain car je n’ai pas à la maison d’enveloppe par avion et je voudrais que le départ de ce mot ne parte pas trop tard. Toute ma correspondance a été perturbée ces dernières semaines par l’arrivée inattendue de mon cousin et filleul (ce n’est pas non plus une jeunesse, j’avais 8 ans lorsque j’ai été son parrain) que nous n’avions pas vu depuis près de 15 ans et nous avons passé ensemble ici une semaine bien remplie car il s’intéresse à tout ce qui est littérature et beaux-arts. Bien que magistrat et indirectement, de ce fait, il a été chargé de veiller à la publication posthume du « Journal littéraire » d’une personnalité marquante des lettres par une amie intime de celui-ci qui a fait de lui, avant de mourir son légataire universel et s’est trouvé aussi à la tête d’une immense coreespondance entre toutes les célébrités littéraires, les meilleurs éditeurs d’art de la fin du XIXe et des vingtcinq premières années du XXe siècle. Je savais tout cela mais nous n’avions jamais eu ni l’occasion ni le temps de nous entretenir en détail de ce sujet.

Je ne comprends pas comment tu n’as pas reçu l’invitation à l’exposition de Lelly Dombay à Vác. Je lui ai donné ici encore au début du juin et envoyé une 2e fois à Leányfalu ton adresse. Elle a été depuis le milieu d’octobre à Nice constamment malade. Elle est partie, néanmoins, le 12 décembre pour Budapest afin d’être présente au vernissage des oeuvres des Hongrois de l’étranger dont tu parles mais a dû, immédiatement après, aller se soinger à Heviz ? Tu me diras si tu l’as vu comment tu as trouvé ce grand tableau « Duna kanyar ». Je n’en ai vu qu’une reproduction en couleurs mais, sans trop le lui dire, car elle est extrêmement susceptible, tel qu’il figure en reproduction je ne l’aime pas. A l’occasion d’une ou deux de ses récentes peinteures je ne trouve plus dans ce qu’elle a produit en tant que peintre à l’huile les qualités qui m’avaient séduit dans sa manière ancienne de peindre infiniment plus poétique, de couleurs moins heurtées et qui témoignent à présent du désir de produire de l’effet.

Je suis content de la petite photo que tu as jointe à ta lettre. Ton vase de fleurs et tout l’ensemble de la nature morte montrent justement à la fois une souplesse de formes et une délicatesse de couleurs qui répondent en tous points à un sens véritablement pictural et à une interprétation très nuancée tout un modulation à la fois riches et sans heurt. C’est aussi l’avis d’Irène à qui je l’ai tout de suite montrée et qui, comme moi, compare le façon si sensible dont tu traites les fleurs à une mélodieuse interprétation de la nature, en opposition à ce que Lelly Dombay a manqué pour nous dans un domaine approchant.

Je suis triste des mauvaises nouvelles que tu me donnes du deuxième mariage de ton fils. Cela crée une atmosphère évidemment pénible et si charmante que soit la petite fille la mauvaise éducation qu’elle doit sans doute aux façons d’être de sa mère ne rpomet guère d’heureux résultats dans l’avenir. Dis bien à ta maman combien le souvenir que je garde d’elle est rafraichissant dans ma mémoire et combien j’espère qu’en dépit de ses 90 ans elle continuera de bien se porter.

A la fin de l’été nous avons eu Irène et moi certains ennuis de santé. [...] Mes souvenirs de jeunesse doivent êtres finis de taper par la secrétaire de mon cousin de Paris. Mais je carins fort malgré ce que je lui ai écrit qu’il n’ait trouvé personne pour mettre en ordre cette masse de feuilles et que cela dure encore longtemps avant que je ne puisse t’envoyer un exemplaire.

Je trouve très heurese ton intention de faire une exposition vraiment représentative de ton oeuvre en 1983. Tiens-moi au courant. Mille amitiés à ton fils. Et pour toi très bon travail avec le succès que tu mérites. Beaucoup de belles toiles comme celle dont j’ai la reproduction saus les yeux.

Amitiées d’Irène. Je t’embrasse en tout affection, de tout coeur ma chère Ili.

François