FG_TI16

Budapest
Date: 21-06-1942
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Letter written by hand
Publisher: Tüskés Anna (06-07-2017)
Folio number: 2

Ma petite Ili chérie

Je viens de me réveiller et je t’écris de mon lit encore plein de rêves où je te cherchais. Nous avons diné à Buda Somloi ut chez un industriel français (un des fils était mon élève, tu as vu ses devoirs souvent) qui a loué cette villa meublée, il y a 2 Szőnyi, 1 Rippl, 1 Bereny, un Vaszary et un Csok et un magnifique jardin plein de roses où tu aimerais peindre. J’ai pensé pensé à toi par delà toutes les conversations et ce matin (il est 6hres ½) je t’imagine endormie, errant toi aussi peut-être à ma recherche. Lorsque cet hiver nous lirons de nouveau ensemble je te montrerai dans Proust dans un des volumes qui n’est pas traduit un passage très beau « la regarder dormir ». Combien je dormerais en ce moment pour te regarder dormir toi, mon cher amour, guettant le moment où sous tes paupières la source verte de nouveau chanterait. Et je prendrais ta main et je te redirais que tout ce que tu prétends sur toi-même est faux que tu es la plus plus merveilleuse et tu sais comme je te serrerais fort contre mon coeur. Encore un jour où je ne saurai rien de toi que ce que je me figure de loin. Mais j’espère que demain arrivera la première carte, un petit signe et qu’après je saurai tout. Ili il y aura ce soir à la radio le quatuor de Schubert (la jeune fille et le mort) que nous avons entendu ensemble je serai avec toi quand on le jouera sans que tu le saches et je t’embrasserai comme je t’embrasse maintenant pendant que tu dors. Toujours je, inlassablement

je François