FG_BLE13

Nice
Budapest
Date: 03-03-1976
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Letter written by hand
Publisher: Tüskés Anna (02-08-2017)
Folio number: 1

Mon cher André,

Nos lettres se sont croisées. Au moment où je m’inquiétais d’être sans nouvelles, tu m’écrivais en m’énumérant toutes les tâches auxquelles tu trouvais altelé et cela suffisait largement à expliquer ton silence.

D’abord, félicitations pour l’acceptation de ton film. Espérons donc qu’on le tournera un jour. Pour l’Espoir de Malraux, ce ne devait pas être une petite affaire que d’en écrire une adaptation pour la scène et je suis maintenant très curieux d’entendre – plutôt de lire – comment le représentation du 9 avril se sera déroulée au Thalia et ce qu’en écrire la critique dans les diverses revues. A propos de la Rencontre de Baja et de ton étude sur Le General Türr et les Français tu m’avais en effet parlé, quand tu étais à Nice, de ta découverte de cette descendante du général. C’est bien volontier que je lirai ton étude sur la comtesse Emma Teleki et c’est en effet, puis tu y apportes des éléments médits à propos de Michelet et de Quinet, quelque chose que tu pourrais envoyer à la Revue des Deux-Mondes.

A propos de la postface à mon roman j’ai, d’une part écrit à Szávai afin de ménager sa susceptibilité, dans le cas où il aurait projeté d’écrire quelque chose et j’ai aussi conseillé à Nagy Csaba de le voir et de lui en parler. De mon côté, je suis tout à fait sensible à cette proposition et si Csaba m’écrit que Szávai n’y voit aucune objection, ne préparant rien dans ce sens, je suis tout prêt à écrire à M. Antal.

Ne possédant pas le volume sur Montparnasse de ta trilogie, je ne savais pas que tu y avais parlé de Farkas.

Je t’avais écrit combien Irène et moi avons aimé ton article sur Vian. J’ai même dû t’en parler 2 fois. J’espère que tu pourras aller à Cerisy. A quelle époque aura lieu le Colloque : Juillet, Août ?

Je t’envoie la photocopie de l’article de ce critique artistique de Nice-Matin sur ma conférence sur Csontváry. Mais cela ne t’apportea rien.

J’ai dû t’écrire que Somlyó m’avait demandé pour le no 10 Arion un papier à la fois sur le Nyugat et la France et sur mes souvenirs relatifs aux grands pontes de la revue. Pour Babits je sais assez de choses sur ses rapports avec la litterature française. Ta très belle étude sur Ady : « La France vue par un poète hongrois » m’est infiniment précieuse mais ton sujet n’était évidemment centré que sur la période pendant laquelle Ady allait et venait entre Paris et la Hongrie, c’est à dire avant la rupture avec Leda. Csaba m’avait très gentiment fourni la liste des collaborateurs français de la revue avec les titres des articles (dont les miens) mais j’ai encore mis ce délicieux garàon à contributions depuis, pour tâcher d’être aussi complète que possible, en lui demandant de rechercher, s’il en a le temps, les articles dûs à des écrivains hongrois sur un sujet français dans la revue.

En même temps, Somlyó me demandait de traduire pour ce numéro une nouvelle pas trop longue de Krúdy. Cela c’est fait et je la lui ai envoyée.

Ici j’ai réussi à faire passer quelques lignes (ils ont naturellement donné ça parmi les « Nouvelles », en supprimant les mitrales dont je les avais signées) dans les Nouvelles Littéraires qui ont rudement changé à leur avantage depuis la nouvelle direction, sur Czóbel à propos de sa mort.

Enfin, ayant reçu de Corvina le très beau livre de photos de Kormos Péter sur les coutumes hongroises, j’ai eu l’idée d’écrire à Dobzynski, en lui demandant si Europe serait intéressée par une note à ce sujet. Réponse immédiate affirmative de sa part – précisant seulement qu’elle ne doit pas être longue, ils n’ont pas trop de place. Je lui ai envoyé un papier d’une quinzaine de lignes.

Rohou part en principe pour Paris le 13 afin d’aller signer chez Calmann-Levy le service de presse de son nouveau roman.

Je n’ai aucune nouvelle de ma petite monographie sur Diener-Dénes qui aurait dû paraître le 15 février chez Corvina.

Csaba a dû te dire que, grâce à une amie qui a fait des recherches à la Nationale, je sais quand mes traductions avec Déry de Kassak, et avec Ronai Pál de Babits ont paru dans Europe ce 31 et 32.

Je pense que c’est tout. Tu vas avoir des semaines très chargées. Bon travail et belle réussite.

Bien à toi, de tout coeur mon cher André

FGachot