FG_TI12

Date: 22-07-1942
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Letter written by hand
Publisher: Tüskés Anna (06-07-2017)
Folio number: 2

Ma petite Ili chérie,

Je t’écris du jardin de la tante [ ?] Margit. Il n’y a personne il fait soleil et je t’imagine bientôt ici avec nous. J’ose à peine y croire tellement je t’attends, tellement ces jours ont été longs et sans autre couleur que celle de ma nostalgie pour toi. Je t’ai écrit avant hien une lettre express et hien je t’ai envoyé une carte tout ce qu’il y avait de plus officielle. Tu vois que tout est prêt pour ta venue. J’aimerais déjà être fixé et n’avoir plus qu’à compter les jours puis les heures. Comme je te l’ai dit il faut absolument que tu nous préviennes pour qu’on puisse aller te chercher à la gare. Heureusement que depuis que tu es Mackensen utca[ ?] tu peux travailler. J’ai commencé moi à écrire ma pièce. Ça va lentement et difficilement mais je suis content de m’y être décidé. Chaque jour le sujet s’enrichit en moi. Mais tant que tu n’es pas là je ne suis qu’à demi moi-même. Absent car tout mon être tend vers toi, essaye de te suivre, de t’imaginer. Je ne me suis jamais senti moins réel, plus fantôme. T’ai je écrit que dans la nouvelle tu t’appelais Gisèle. C’est un nom qui porte pour moi en soi sa nostalgie, c’est encore de mes souvenirs d’enfance. Et jamais la source qui me vient de toi ne me semble près de tarir. Et que de choses encore que j’attends de ta présence. Ili sais tu que la semaine prochaine j’aurai quarante et un ans. Je suis trop lucide, alors même que je me laisse aller à l’illusion, pour ne pas savoir ce que cela représente. Quelle folie de d’abandonner aux rêves que je fais à propos de toi. Quelle folie et quelle maladie dont je ne guérirai plus. Mon amour je me berce de l’idée que le plus dur de cet été est passé que nous aurons ici de nouveaux souvenirs communs. Je t’embrasse avec emportement je t’embrasse avec une douceur tendre et encore et encore je t’aime.

ecris jusqu’à ce que tu viens

Je ne vis que de tes cartes

je François