NNA033

10, rue Louvois 78 Viroflay
XII Budapest Királyhágó u 5/b (Hongrie)
Date: 08-08-1969
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Letter written by hand
Publisher: Tüskés Anna (13-05-2017)
Folio number: 1

Chère Agnès

Je pense très fort à vous en dépit de mes longs silences et je n’oublie surtout pas ces moments de profonde amitié passés auprès de vous et de Blaise au mois de Mai dernier. Comment allez-vous tous les deux ? Bien, j’espère comme j’espère aussi que Blaise en a fini avec se Turcs.

Quant à votre recueil, chère Agnès, soyez sans inquiétude il paraitra comme convenu en 1970, et ce sera un beau livre. André Frénaud a joint son autorité à la mienne pour que l’édition soit digne du grand poète que vous êtes.

Ajouterai-je que pour la révision des adaptations je me suis assuré la collaboration de Tóth Judith. C’est une réussite. Judith voue à votre poésie une très profonde admiration. Elle en connait mieux que quiconque toutes les nuances, toutes les subtilités et comme d’autre part, elle allie à son admirable sensibilité poétique une connaissance parfaite de la langue française nous arrivons ensemble, à des résultts dont je suis fier, je l’avoue. Du reste elle aura l’occasion de vous en parler lors de son séjour à Budapest.

Somlyo m’a demandé quelques adaptations de vous pour Arion. Je crois qu’il a choisi Eknaton au ciel, Les Objets et Les Arbres. Pour Esprit je retiens Voir et Orage. Qu’en pensez-vous ? Si vous avez d’autres préférences, n’hésitez pas à me le dire. Personellement, tout me plait et davantage encore depuis que Judith m’a aidé à les remanier.

Je vous remercie également, chère Agnes, de m’avoir fait découvrir, vous et Ronay, Magda Sekely. Sa poésie me plait. Je publierai dans Esprit, son Fragment albigeois et Ikon. Si j’ai choisi ce poème c’est, bien sûr, parce qu’il est très beau mais aussi parce qu’il vous est dédié. Non n’y voyez pas un simple geste d’amitié. Par là j’ai voulu surtout attirer l’attention du lecteur français sur l’estime dont vous êtes l’objet de la part des jeunes générations. Me comfessez-vous ? Votre poésie m’est trop chère, je lui accorde trop d’importance pour laisser passer la moindre occasion susceptible de la mettre en évidence au regard du public français.

Quand nous reverrons-nous ? En Août, sans doute, à l’occasion des Journées de Poésie. Mais n’aurez-vous pas l’occasion de venir en France avant cette date ? Odette et moi serions non seulement heureux de vous voir mais de vous accueillir à Viroflay, Blaise et vous, durant toute la durée de votre séjour. Pouvons-nous l’espérer ?

A vous deux nos plus affectueuses pensées

Paul Chaulot

Pouvez-vous m’envoyer la nouvelle adresse de Rónay. Présentez-lui en même temps nos meilleurs souvenirs et mes bonnes amitiés.