NNA028

10, rue Louvois 78 Viroflay France
Budapest XII Királyhágó u 5/b (Hongrie)
Date: 25-12-1968
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Letter written by hand
Publisher: Tüskés Anna (12-05-2017)
Folio number: 1

Ma chère Agnès

Pardonnez-moi d’avoir mis si longtemps à répondre à votre dernière lettre. Durant une grande partie de cette année, du mois de Mars au mois de Juin, j’ai été immobilisé par un accident de la circulation, peu grave, certes, mais assez douloureux par ses conséquences pour m’interdire le moindre travail, ne serait ce que celui d’un simple lettre.

Je n’en pense pas moins très fort à vous. Le projet de vous publier dans la revue Esprit s’est transformé en un projet de numéro spéciale sur la situation actuelle de la poésie hongroise où, bien entendu, vous occuperez une place privilégiée. Kassaï Georges possède déjà de nombreux textes de vous, mais si vous pouviez m’en envoyer très vite, de tout récents, ce serait merveilleux.

Et puis il y a aussi que j’aimerais décider un éditeur français à publier un recueil de vous. Nous avons discuté de cette idée avec Timar lors de son dernier passage à Paris. La place que vous occupez tant dans la poésie hongroise que dans la poésie universelle ne peut que convaincre les éditeurs français, malheureusement étant donné le peu d’intérêt que notre public porte à la poésie, ceux-ci ne se chargeront de l’entreprise que s’ils reçoivent un appui matériel de la part de l’Etat hongrois. Aux dernières nouvelles, Timar semble s’en occuper très sérieusement. Quant à moi, je n’aurai de cesse que ce livre ne soit paru. La haute estime dans laquelle je tiens votre oeuvre me donne des ailes. J’ai grande confience. Avez-vous en connaissance du Dictionnaire des Littératures paru récemment aux Presses universitaires de France ? C’est un ouvrage monumental où figurent les noms les plus représentatifs de la littérature mondiale des origines à nos jours. Avec joie, j’y ai relevé les nombreuses lignes que l’on vous y consacre. Peut-être avez-vous déjà appris que je viendrai à Budapest en 1969. Je ne sais pas encore la date exacte de mon arrivée, mais elle se situera vers la fin du mois d’Avril. Quel bonheur de pouvoir vous rencontrer, de discuter ensemble de poésie. Plus je vous lis, ma chère Agnès, plus vous êtes à mes yeux la poésie telle que je la conçois, et, voyez bien que je ne suis pas le seul en France à vous témoigner de l’admiration.

Tous mes meilleurs voeux pour la nouvelle année à vous et à Blaise que je me fais un plaisir de revoir lui aussi.

En vous priant de l’assurer de mes fidèle souvenir, je vous dis, chère Agnès, ma fraternelle amitié

Paul Chaulot