NNA006

52 rue de Bourgogne Paris (7)
Date: 04-09-1962
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Letter written by hand
Publisher: Tüskés Anna (21-04-2017)
Folio number: 1

Chère Agnes Nemes Nagy,

Nous avons tous été contents ici de la publication de l’Anthologie de la poésie hongroise. C’est un trésor qui nous a été donné là, dont nous savions qu’il existât mais qui aurait pu nous rester caché tant votre langue est lointaine et de nous ignorie. Il a fallu beaucoup d’application et d’amour à L. Gara pour obtenir ce beau résultat. J’ai lu avec attention vos poèmes, en particulier et il me semble que les traducteurs, Lescure et Chaulot, ont bien su rendre, en prenant la liberté qu’il fallait pour ne pas trahir, la tension interne et l’invention dans le rythme et dans la construction. Ce sont trois poèmes très beaux et poignants et qui me permettent d’avoir une idée de votre monde poétique.

J’espère que vous pouvez venir à Paris cette année et je me réjouis de vous rencontrer et de parler avec vous de la poésie bien-aimée. Je serai cette fois moins ignorant et de votre oeuvre et de la poésie de votre pays.

J’ai été heureux d’apprendre que vous aviez traduit de mes poèmes. Je ne sais quel chois vous avez fait. Le livre « Il n’y a pas de paradis » fournit une ample matière. Gara me dit que vous avez la gentillesse de demander si je désire que vous en traduisiez quelques autres parmi ceux qui me paraissent les plus significatifs. Je vous désigne donc « Où est mon pays (p 153) Ancienne mémoire (140) A la grâce (p 134) Dans l’arbre ténébreux (p 156) ou l’un des deux Noël (172 et 173) ou L’heure de l’enfant (171) ; peut-être quelques chose de Pour l’office des morts (253) ou puisque vous aimez les grandes villes en pierre : 14 juillet (p 38) ; ou un des poèmes de dessous de planchez : le village profané (p 43) Hors l’abîme, la petite fille.

Mais choisissez ceux que vous préférez, les plus accordés à votre sensibilité. Si tand que je connaisse par les traductions de l’Anthologie votre tempérament poétique je le pressens assez pour être assuré que tout ce que vous ferez sera juste et fort.

(Si vous avez quelques difficulté avec le sens, parfois, je serai heureux de vous donner des indications si vous m’envoyez un mot ou si vous le demandez en langue hongroise par l’intermédiaire de Gara.)

A bientôt. J’espère, le plaisir de vous voir. Faites mon cordial souvenir à votre mari ainsi qu’à Illyes et à Ottlik et croyez, chère Agnes Nemes-Nagy, à toute ma gratitude et à toute ma sympathie.

André Frénaud