SA022

13100 Aix en Provence, 1, avenue Maurice Blondel
Date: 18-05-1983
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Typed letter
Publisher: Tüskés Anna (01-09-2017)
Folio number: 2

Mon cher ami,

[...] A cet égard, j’ai dû perdre plusieurs journées à lire et relire deux jeux d’épreuves de la réimpression du Kőszívű ember fiai qui est enfin sorti sous une présentation acceptable. J’aimerais que cet ouvrage soit lu par de nombreux Français parce que cela leur ferait comprendre davantage le drame hongrois. Rappelez-vous qu’Alexandre Dumas a plus fait pour répandre quelques notions sur l’histoire de France que tous nos historiens réunis... Si vous avez encore quelques doutes, la coupure du Monde (7 mai) vous les enlèvera. [...]

6) Parmi les coupures il y a celle du nécrologue paru dans le Monde su sujet d’Illyés. C’est un texte qui a été établi avec la collaboration d’un Hongrois. Comme Boldozsár se trouvait justement à Paris, je me demande si ce n’est pas lui qui a fourni les renseignements au rédacteur français. En tout cas, c’est le modèle même du nécrologue qui ne veut rien dire. Ce que je regrette, c’est que la brève bibliographie renvoie le lecteur à cette infâme traductions « Sur la barque de Caron » (on dit « Dans la barque de Charon »). Il n’y a pas une seule ligne sans faute, non seulement de traduction mais de français. ET puis, j’ai noté un oubli fâcheux qui en dit long : le recueil « Poèmes » présenté par Jean-Luc Moreau, qui est de beaucoup ce qu’il y a de mieux. Autre détail, le titre de premier recueil : Nehéz föld a été traduit par Terre lourde qui ne veut rien dire ici. Il aurait fallu rendre l’expression par Lourdeur de la terre. Et puis, ce qui me confirme que les renseignements ont été fournis du côté hongrois au rédacteur du Monde, c’est qu’il ajoute « ...ausitôt salué par László Németh, comme si l’opinion de ce dernier, totalement inconnu des Français, pouvait suggérer quelques chose au lecteur du journal !

Petits détail me direz-vous. Sans doute mais c’est en accumulant tous ces « petits détails » qu’on dessert une cause. [...]