SA036

l’avenue Maurice Blondel 13100 Aix en Provence
Date: 04-12-1979
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Typed letter
Publisher: Tüskés Anna (26-10-2017)
Folio number: 1

Cher ami,

oui c'est encore moi. Je vous envoie ci-joint deux coupures de journaux qui ont leur importance. Elles vous permettront de mesurer l'impact sur l'opinion française de ce que j'appeilerais volontiers l'offensive polonaise pour établir des relations plus étendues et plus régulières avec la France. Deux point sont à rétenir : 1) l'initiative a été praise par le gouvernement polonais, 2) elle tend à étendre les relations dites » culturelles » aux institutions de part et d'autre et c'est ce qui est nouveau.

Naturellement, ma première réaction a été de me dire « et à civand la Hongrie? »

Vous êtes mieux informé que quiconque sur l'état de nos relations.A vous lire et à me souvenir, je m'avise que les relations cutlurelles franco-hongroises ont été développées ou maintenues surtout par des individus plus ou moins isolés. Des Hongrois ont eu des relations avec des JYrançais comme des français avec des Hongrois mais plus rarement. Certains Hongrois et un petit nombre de Français ont également entretenu des relations avec telle ou telle institution d'un côté comme de l'autre mais nos institutions sont restées hors de ces cas.Elles n'ont pas trouvé àt, se rencontrer régulièrement. Sans doute, des tentatives ont été faites de temps [... ?] mais elles sont restées sans lendemain.Les deux institutions qui étaient liées durablement étaient l'Ecole Normale Supérieure et Eötvös Kollegium. C'est trop peu.

Pour eta part et du fond de toute mon amitié pour votre pays, pour votre peuple, votre civilisation, je pense que vous devez prendre sans tarder des initiatives dans le genre de celles qu'ont prises nos amis Polonais.

Certes, leur situation est plus avantageuse. La Pologne est très populaire en France et le grand public sait que nous avons plus d'une fois combattu pour les mêmes causes.Au contraire, la Hongrie est pratiquement inconnue, même dans les milieux dits « instruits » et cela vous le savez par expérience. Ce n'est ras une raison pour ne rien faire ou faire trop peu. En particulier, l'erreur commise est de donner la dans l'effort aux relations commerciales. Le foie gras de Hongrie est apprécié mais il est traité sous la marque de sociétés française; les vêtements de confection sont bien mais d'un saison en retard par rapport à la mode parisienne. Vos vins ne peuvent guère entrer chez nous sans hérisser immédiatement nos syndicats de viticulteurs,etc.Votre musique a pris solidement pied mais on ignore généralement que Liszt (dénommé Franz Liszt) est un Hongrois et c'est tout juste si l'on le sait pour Bartók.Votre littératue n'a pas réussi à percer.

Nous n'aboutirons à rien de tangible tant que nous n'aurons pas, comme disent nos journalistes « institutionnalisé » nos relations culturelles. Ce qui se fait actuellement est insuffisant.

Veuillez excuser mon insistance.Voussavez que la raison qui l'inspire est mon profond attachement à cette patrie qui est la vôtre et qui est aussi devenue  un peu la mienne.

Croyez moi, je vous prie, votre bien dévoué

Aurélien Sauvageot