DOB048

ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE / DE JEUNES FILLES
/ Budapest II / Trombitas utca 17
Date: 25-03-1957
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Typed letter
Publisher: Tüskés Anna (27-10-2017)
Folio number: 1

Cher Monsieur,

Jean Rousselot me dit que vous préparez une anthologie de la poésie française, que j’y figure, et croyez que j’en suis profondément touchée. (Quels poèmes avez-vous choisis ?)

Il me dit de vous envoyer une photographie, et une notice bio-bibliographique. Voici aussitôt l’une et l’autre. Si quelque chose ne convient pas vous serez tout à fait aimable de me le dire.

Il est particulièrement émouvant qu’en une annèe aussi tragique vous vous tourniez vers les oeuvres d’art qui viennent de chez nous, et nous vous en admirons beaucoup.

Croyez, je vous prie, cher Monsieur, à mes pensées les plus sincères,

M.-J. Durry


Annexe

BIBLIOGRAPHIE Le Hutième Jour, poème José Corti, 1949. La Cloison Courbe, poèmes, Pierre Seghers. Effacé, poèmes, Pierre Seghers. Jules Laforgue, Pierre Seghers. Gérard de Narval et le Mythe, Flammarion. La vieillesse de Chateaubrand, 1830-1848, 2 vol., au Divan. En marge Mémoires d’Outre-Tombe, fragments inédits, au Divan. Chateaubrand, les Aventures du dernies Abencerage, édidé en coll. avec Paul Hazard, Campion. L ’Ambassade Romaine de Chateaubrand, Champion. Chateaubrand et Hyde de Neuville, corr. inédite, au Divan. Une passion de Stendhal, Clémentine, Champion; - Stendhal ez la Police Pontificale, Champion; - Un Ennemi de Stendhal, au Divan. Quelques vouvautés sur Marivaux, Boivin. Flaubert et ses projets inédits, Nizet. Autographes de Mariemont, 2 vol., Nizet. Apollinaire, Alcools, t. l, Sedes. Marie-Jeanne Durry passe [ ?] sa vie à défendre tout ca qui lui semblait beau. Première femme qui ait été nommée dans une Faculté des Lettres, qui ait eu, et à la Sorbonne, une chaire de littérature française du Xxéme [ ?] siècle, elle n’a jamais séparé son enseignement en France, ses conférances à l ’étranger de cette poésie sans laquelle plus rien ne lui paraîtrait valoir la peine qu’on s’efforce. « Elle est née poète », disait d’elle récemment Pascal Pia. Qu’elle consacre à La Viellesse de Chateaubriand des ouvrages devenus classiques, fasse prénétrer plus avant qu’on n’y était encore parvenu dans l’âme et dans l’art de Jules Laforgue, de Nerval ou d’Apollinaire, elle est portée par le même mouvement qui l’anime dans ses propres vers. A propos du Gérard de Nerval et le Mythe Emilie Noulet note : « Sans doute pour pénétrer si avant dans l’organisation d’une imagination, pour témoigner d’une telle intuition poétique, fallait-il être poète soi-même. Il est certain que pour composer cet émouvant... Nerval, l’auteur des poèmes en prose encore inédits on trouve cette phrase : « Pour qui n’est infidèle ni bavard, peu de poèmes dans une existence entière. » Elle a portant publié trous receuils dont Jaques Madaule a écrit : « Je n’hésite pas à dire qu’ils sont ce que l’on peut trouver de plus dense et de plus fort dans le poésie contemporaine... L’univers de Marie-Jeanne Durry s’est composé en elle de réminiscences parfois antérieures au déluge. D’où viendraient autrement ces colossales figures de pierres qui sont moins des statues que des montagnes et qui veillent dans la nuit pleine d ’étoiles glacées, sur un monde précaire ? »