DOB087

Nice
Date: 09-08-1976
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Letter written by hand
Publisher: Tüskés Anna (11-02-2018)
Folio number:

Mon cher Láci,

J’ai eu main depuis une heure le numéro d’août de Nagyvilág avec ton article et je ne sais comment te remercier suffisamment de cet immense cadeau d’anniversaire, cadeau du cœur de l’ami a l’ami qui prolonge, en quelque sorte, ce contact par lettres, quand je n’étais pas à Paris, qui m’a constamment rempli de joie et a tenu une place importante dans mon existence de ces dernières années. Je ne veux pas jouer le modeste mais, dans ta grande affection, tu as, je trouve, exagéré le rôle qui a été et reste le mien, celui d’un être assez ouvert à la littérature et aux arts qui a eu la chance de trouver en Hongrie des valeurs humaines et culturelles assez rares et qui a estimé naturel de vouloir les faire connaître en France, quand l’occasion s’en est présentée. J’ai été, par exemple, surpris et heureux d’apprendre, ce soir, ce dont je ne me doutais guère, que mes lettres avaient parfois eu sur toi un effet bienfaisant et avaient un peu servi de contrepoids à pas mal de déceptions.

Pour te mettre au courant d’une nouvelle qui te fera plaisir, je ne sais plus si je t’avais écrit qu’ayant lu dans le numéro de novembre 75 de Látóhatár une nouvelle de Ujhelyi János dont je ne savais rien alors, j’avais décidé de la traduire, attendant pour l’envoyer à Arland d’avoir un minimum de renseignements sur l’écrivain. Je les ai enfin obtenus, il y a une quinzaine de jours. J’ai fait l’envoi à Arland, en même temps que je lui rappelais qu’il avait accepté, il y avait plus de dix-huit mois, une nouvelle de Moldova. A ma grande surprise, il m’a tout de suite répondu avec beaucoup de gentille qu’il avait beaucoup aimé la nouvelle de Ujhelyi, qu’il espérait que ce serait aussi le cas de Dominique Aury et de Gusjean, en Vacances, et espérait donc la faire paraître d’ici quelques mois. Quant à Moldova, elle aurait dû être publiée depuis longtemps mais, après le départ de Madame Lacour, tout avait mal marché, d’où le retard. Enfin Rohou qui est ici en vacances, en ce moment, a profité de ce que le numéro d’octobre de la N. R. F. sera consacré à la correspondance pour donner un texte qu’il a laissé le soin à Arland de présenter sous forme de lettre qui, en principe, nous serait adressée, à Irène et à moi, et où il parle, à sa manière discrète, de son séjour en Hongrie en octobre dernier.

En ce moment j’écris pour le Magyar Nemzet 2 articles consacrés à Farkas István, l’un sur l’homme, l’autre sur l’artiste et son œuvre, à l’occasion de l’exposition qui aura lieu à la M. N. G. en janvier et pour laquelle je viens de terminer, à la demande aussi de son fils, une introduction d’une cinquantaine de lignes au catalogue.

Nous avions espéré, Irène et moi, vous voir, toi et madame Dobossy, sur votre chemin de retour en Hongrie. Sans doute aurait-ce été compliqué. Mais tu trouveras certainement une autre occasion de venir. Lorsque tu auras repris tes habitudes à Budapest, tu me donneras de tes nouvelles.

Encore merci mon cher Láci, Rappelle-nous au bon souvenir de ta femme. Irène a été très touchée de ce que tu as écrit à ton sujet et t’envoie ses amitiés. Je t’embrasse de tout cœur

François