DOB055

13 100 Aix-en.Provence, 1,avenue Maurice Blondel
Date: 12-06-1975
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Typed letter
Publisher: Tüskés Anna (27-10-2017)
Folio number: 1

Mon cher ami,

            merci pour votre lettre. Je suis heureux de l’heureuse conclusion de l’affaire Barbière. C’est un élément très sérieux et nous avons besoin de gens comme lui pour assurer l’avenir des relations entre nos deux pays. Je voudrais l’amener à produire davantage dans le domaine hongroius car il s’est jusqu’ici confiné au finnois. Il vient de m’écrire et me dit la joie qu’il se promet à « prendre un bon bain dë hongrois ». C’est un garçon désintéressé et très objectif. Cela change de la meute des intrigants qui nous assaillent.

            J’ai eu le plaisir de la visite de Bárdosi Vilmos qui m’a paru à la fois très brillant et très sympathique. Je crois que vous surez en lui un excellent romaniste.

            Merci pour tout le mal que vous donnez au sujet de la réédition des Baradlay (dont je suggère de changer le titre, trop incolore et qui évoque les Buddenroks ou les Thibaut).

            Ce qui me chagrine, c’est le sort de Rózsa Sándor I. Si je dispose d’un cou de temps, je tâcherai è_e revoir la copie (mauvaise) qui me reste. Si elle me par ît lisible, je vous la ferai tenir (mais pas avant l’automne). Je tiens à préciser que je ne réclame aucun honoraire pour la traduction. J’estime rue nous sommes quittes sur ce point et que l’Etat Hongrois peut disposer entièrement de mon texte. Cela s’applique aussi bien au rnanuscrit qui était resté à l’Institut avant votre arrivée et dont vous n’avez pu retrouver trace.

Merci de m’avoir communiqué l’adresse de François Gachot dont j’avais totalement perdu la trace. Je vais s’est lui écrire un petit mot pour lui rappeler que je ne l’oublie pas. Ce lui m’étonne, c’est qu’il n’ait pas publié de traductions littérairesdu hongrois, du moins à ma connaissance Il a été en relation étroite avec de nombreux écrivains de notre temps et connaît certinement très bien la littérature hongroise contemporaine. Il était  mieux placé que quiconque pour faire connaître toute cette vie si intense des hommes et femmes de letttres des années 1925-1950 dont l’histoire  dira quelle a illustré avec honneur la 1ittératura hongroiuse moderne.

Pour le moment, je me bats avec une étude sur l’estonien et aussi avec quelques articles sur la linguistique hongroise. Cela fait, je songe à un ouvrage plus complexe sur la civilisation hongroise en général, qui serait destiné au grand public français. Il faut mettre à sa portée un ensemble de donnée qui puisse éveiller son intérêt et lui apprendre qui’il existe une civilisation qui n’est pas de langue indoeuropéenne et apporte une note originale dans le concert des civilisations de race blanche (car c’est, hé-las, le terme qui va bientôt s’imposer).

Voilà où nous en sommes pour l’instant. Comme vous le voyez, je n’oublie pas. Et coment oublierait-on les heures que nous vécues ? Átvészeltük, dirons-nous. Cela n’a pas été onné à tout le monde.

Dites mes hommages à Madame Dobossy et recevez le meilleur souvenir de ma femme. Croyez-moi votre bien dévoué

Aurélien Sauvageot