DÉTI107

Éditions du Seuil / 27, RUE JACOB, PARIS-VI0
Date: 28-05-1964
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Letter written by hand
Publisher: Tüskés Anna (15-01-2018)
Folio number:

Cher Monsieur,

Je vous remercie bien vivement de votre réponse à ma dernière lettre. Toutefois, certains points ne laissent pas de m’embarrasser. Je vous ai dit en effet que pour notre part nous étions entièrement satisfaits de la traduction de Gara. Dans ces conditions nous ne voyons pas la nécessité d’un travail de révision qui aura notamment pour inconvénient de retarder la publication.

Cependant, soucieux de respecter le droit moral qui appartient à tout auteur sur toutes les éditions de ses oeuvres, nous avons tenu à vous proposer de vérifier vous-même le texte de Gara si vous le désiriez. Je crois que c’est à vous de décider s’il y a lieu en définitive, de procéder à une telle vérification et dans la mesure où vous concluez par l’affirmative de vous en charger vous-même, ou de confier ce travail à toute personne compétente de votre choix. Mais le Seuil, pour sa part, ne peut évidemment avoir à faire qu’à vous et, ayant rémunéré un traducteur de confiance, choisi en accord avec vous, ne

saurait se charger de rémunérer en outre une tierce personne.

Je n’ai pas sous les yeux le double de ma dernière lettre et je ne sais plus exactement dans quel contexte se situait l’allusion à la « difficile collaboration », que vous relevez. Ce que je sais bien, c’est qu’en disant cela, je pensais aux embûches de la traduction et au labeur prodigieusement complexe et délicat que notre ami Gara a dû accomplir. Pour ma part, la seule difficulté que j’aie rencontrée dans mes relations avec vous, est celle que nous impose, hélas !, la distance qui m’a privé d’entretiens détendus avec le très grand écrivain que vous êtes.

Paul Flamand me prie de vous dire qu’au cours de son récent voyage aux Etats-Unis, il a beaucoup parlé de votre livre avec Harcourt Press à qui nous avons envoyé un double de la traduction de Gara afin de leur faciliter le travail s les bons lecteurs de Français étant, semble-t-il, plus fréquents aux Etats-Unisque les lecteurs de Hongrois.

Je vous prie de croire, cher Monsieur, à l’assurance de mes sentiments.

Michel Chodkiewicz

P.S. Nous aimerions si vous n’y voyiez pas d’inconvénient, publier au dos de votre roman, une photographie de vous. Auriez-vous quelque épreuve récent à nous communiquer ?