DÉTI087

éditions/Albin Michel /22. RUE HUYGHENS, 22 / PARIS. XIV.
Monsieur Tibor DERY /Victoria Palace / 6, rue Blaise Desgoffe / PARIS VI. ème
Date: 14-05-1963
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Letter written by hand
Publisher: Tüskés Anna (15-01-2018)
Folio number:

Cher Monsieur,

Avec mes remerciements, je m’empresse de vous retourner les deux contrats que vous avez eu l’amabilité de me communiquer.

Ce que je puis vous dire, c’est que la formule d’option manque de précision. En effet, le droit de priorité ne porte pas sur les deux prochains ouvrages, mais sur deux prochains ouvrages. De ce fait, il apparaît que vous avez 1’entière liberté de proposer, parmi votre production postérieure à la date du contrat, deux de vos oeuvres dont le choix vous appartient.

Il semble donc que si vous le désirez, pour des raisons qui vous seraient essentiellement personnelles et que vous n’avez pas à exposer à vos interlocuteurs, vous pouvez exclure de votre offre telle ou telle de vos oeuvres parues ou restant à paraître depuis le 28 mai 1958 y compris, par conséquent, celle à laquelle nous pensons l’un et l’autre.

Ainsi, rien ne s’opposerait à mon sens à ce que vous présentiez tout d’abord à mon confrère votre livre de nouvelles soit en 1’occurence les six contes écrits entre 1960 et 1962 puisque les quatre ou cinq autres ont déjà été publiés en français dans DROLE D ENTERREMENT ET AUTRES RECITS, puis, si ce livre était retenu – n’étant pas retenu, tout droit de priorité se trouverait annulé – une autre oeuvre de vous à paraître ultérieurement et qui ne serait pas forcément la prochaine.

Cette façon de faire ne me paraît pas devoir être sujette à contestation. Je la crois souhaitable bien qu’évidemment elle ne me satisfasse pas pleinement, vu l’extrême importance que j’attache à votre production entière.

De toute façon, il va de soi que tout nouvel ouvrage publié en accord avec les dispositions du contrat de 1958 ne doit entraîner aucun nouveau droit de priorité.

Demain, comme convenu, je vous téléphonerai à 9h. 30. Croyez, je vous prie, Cher Monsieur, à 1’assurance de mes sentiments bien dévoués.

R. ESMENARD