SGY020

Nice
Date: 02-01-1978
Language: English
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Letter written by hand
Publisher: Tüskés Anna (15-05-2017)
Folio number: 1

Mon cher Georges,

Le courrier de cette fin d’après midi nous apporte la belle carte de Corvina avec tes voeux si affectueuse et je te réponds tout de suite pour te dire combien ils nous touchent et combien, de notre côté, nous te souhaitons une nouvelle année aussi riche e joies diverses qu’elle nous paraît, sur le plan de ton activité littéraire, ne pouvoir que se montrer l’heureuse continuation de tout ce que tu as réalisé en 77, prose et poésie.

Nous n’attendions pas du tout de réponse à ce que t’écrivais, en notre nom à tous les deux, au sujet de ton roman. Ce n’était que l’expression spontanée de ce que nous avions ressenti de particulièrement vrai, émouvant et d’une intense participation à tout ce qui s’était déroulé denat toi, au cours de mois exceptionnels, sur divers plans.

J’ai enfin reçu juste, à la veille de Noël, Arion 10. C’est une très belle réussite, une très grande et très importante contribution, et dont les effets devraient se faire sentir très loin, dans maintes directions, à l’histoire de cette période et de ce groupe d’écrivains et de poètes qui méritent d’être considérés comme figurant l’âge d’or de la littérature hongroise. J’ai été particulièrement intéressé par les contributions des écrivains étrangers, susceptible de sentir directement la grandeur d’Ady, si difficilement transmissible en français, quel que sort le talent des adaptatuers et certaine approche qu’ils en donnent. Bien sûr tout ce que Litván, Lukacs, Révai ont dit est d’un intérêt passionnant et ce n’est pas sans une surprise amusée que j’ai lu le nom de Mario Fenyő dont je ne savais plus rien depuis que nous avions fait, avec ses parents et lui, encore enfant, le voyage en Orient-Express de Budapest à Paris. Pour moi les proses d’Ady que tu as apportées ont été une révélation.

Mais que je te parle, pour finir, de ce qui a été pour Irène et pour moi, je sais la valeur des mots et nous ne nous sommes pas dit le mot d’avance, le sommet de ce numéro, ta Cantata tremenda dans l’admirable adaptation de Dobzynski. On a beau connaître le passage en question du Livre des Juges. Tu en as fait un poème dramatique d’une intensité sans pareille, d’une magnifique envolée et d’une richesse de ton prodigieuse. Nous l’avons relu et relu à plusieurs jours de distance, séparément et, chaque fois, c’est le même coup au coeur et le même émerveillement. Aucune autre conclusion n’aurait pu mieux syboliser la grandeur et la force de la poésie hongroise. Merci mon cher Georges de nous avoir procuré une telle émotion.

Nous t’embrassons de tout coeur tous les deux

François, Irén