SGY002

Date: 11-03-1974
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Letter written by hand
Publisher: Tüskés Anna (15-05-2017)
Folio number: 1

Mon cher Gyuri,

Szenczei László vient de m’envoyer tes « Contrefables ».

Je t’écris après une première lecture pour te dire ma joie de cette parution enfin réalisée. (Nous en avions parlé lorsque je suis allé te voir chez toi en mai 72.)

Les poèmes vont très bien dans un sens où si la poésie – comme la littérature – veut continuer de vivre en France, il faudra, comme tu le réussis, que mes compatriotes retrouvent cette fraicheur à tous les degrés, ce ton si simplement et souvent si brièvement percutant qui me frappent à chaque page. Ce qui est assez miraculeux chez toi c’est de constater qu’une sagesse faite de méditations, arrichie d’une vaste culture s’accorde farfaitement avec le sentiment et l’expression d’un contact direct et comme sans cesse renouvelé avec les êtres et les choses mais que ton don poétique élève au plan d’une transfiguration magistrale. Cela commence déjà d’ailleurs avec la « Fable de la fleur » et pas à pas se développe et éclate et flamboie en particulier dans ces extraordinaires « Fable de la nuit d’insomnie », d’ici et maintenant, de la relativité – cosmogonie et du 28 novembre 1968.

Je vais donner mon exemplaire, car je ne pense pas qu’il ait déjà reçu ton livre, à mon ami d’ici Guy Rohou qui collabore régulièrement à la NRF, soit qu’il écrive (la poésie n’est pas son domaine) une note pour la revue, soit attire l’attention de ses amis de la rédaction sur ton volume pour qu’on en parle. J’ai comme ça attiré son attention sur Örkényi et il a écrit une note de lecture sur son « Chat » qui ne va pas tarder à paraître.

Mon cher Gyuri après tes « Fables de Paris » et ta « Nostagie de Paris » quand y seras-tu ? Nous y serons frère et [ ?] c/o maître Cirotteau 14 Av. de Versailles à partir du 10 mai (du 13 au 21 je serai en Allemagne où je fais une conférence) jusqu’à vers le 20 juin. Nous aimerons t’embrasser autrement que par lettre.

A toi, de tout coeur

François