IGY063

Geneve
Csejtei-utca, 2 Budapest, III
Date: 08-05-1948
Language: French
Repository: Private ownership
Document type: Typed letter
Publisher: Tüskés Anna (12-11-2017)
Folio number: 1

Cher Monsieur,

Je vous confirme ma lettre du 15 mars, concernant l’affaire qui nous occupe. Peu de jours aprčs, Hubay est arrivé ŕ Genčve, comme vous le savez, et s’est accupé activement avec moi des questions pratiques que pose la réalisation de la revue. Il me dit s’ętre entretenu avec vous par téléphone il y a une quinzaine de jours, afin que nous puissions disposer du fonds que vous avez laissé en banque. Sur les bases que nous avons arrętées ensemble, rien ne s’oppose ŕ la parution du No. 2 cet étét ancore ou ŕ la veille des prochaines Rencontres internationales, comme je l’ai indiqué ŕ M. Ortutay dans une lettre que je lui ai adressée le 26 avril dernier.

Etant sans nouvelles de vous, je suis, je l’avoue, assez perplexe et inquiet por l’avenir, et la situation se présente ŕ l’heure actuelle comme suit:

-d’une part de larges possibilités pour la revue, tant sur le plan littéraire qu’en ce qui concerne la diffusion avec le concours des éditions du Mont-Blanc,

-d’autre part une grave incertitude quant ŕ l’appui dont la revue devait bénéficer, et l’impossibilité pour nous d’aller de l’avant tant que la question d’rganisation pratique n’est pas réglée.

Je suis certain, cher Monsieur Illyés, que vous admettrez avec nous que nous avons droit maintenant ŕ quelque précision oant au sort de la revue sur les bases que nous avons arrętées ensemble. J’ai trop mis de moi-męme dans ce projet, depuis de longs mois, pour ne pas désirer ętre fixé enfin en quelque maničre. De nouvelles semaines passent, les Rencontres s’annocent pour septembre avec plusieurs de nos amis: Cassou, Vittorini, Montale, et d’autres, et nous sommes contraints, bien malgré nous, ŕ l’immobilité!

J’ose faire appel ŕ votre loyauté envers moi pour une réponse franche, qui nous dira enfin si la Revue paut devenir une réalité, ou si nous devons renoncer ŕ toute cette entreprise, malgré les concours qui s’offrend ŕ elle et ses chances de succčs

Je vous prie de croire, cher Monsieur Illyés, ŕ mes sentiments tout cordiaux

Gilbert Trolliet