BLE_PIM081

Paris
Date: 05-12-1975
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Typed letter
Publisher: Tüskés Anna (22-09-2017)
Folio number: 1

Cher Monsieur,

Votre aimable lettre du 19 novembre m’explique que c’est mon passé de traducteur qui vous intéresse ; cet intérêt me fait plaisir et je vous en remercie.

J’ai, en effet, publié beaucoup de choses sur la littérature hongroise ; aussi bien des traductions que des essais. La liste que je vais vous en donner comporte nécessairement des lacunes. Je suis loin d’avoir tout conservé et, quant aux dates de publication, je peux seulement dire que tout se situe entre 1930 et 1940 ; un seul article a paru avant 1930, aucun après 1940.

Mais ; tout d’abord, je réponds à vos questions. Sauf M. Finaly, je n’ai jamais entendu parler des personnes sur lesquelles vous m’interrogez. Les traducteurs ont toujours travaillé en francs tireurs, sauf L. Gara, qui explorait toutes les possibilités et que vous connaissez certainement. Par ailleurs, j’ai peu fréquenté les bars de Montparno ; dès 1929, j’occupais des fonctions de responsabilité dans l’édition française, j’étais donc à mon bureau toute la journée.

Quant à M. Horace Finaly, je ne l’ai jamais approché, mais c’étais une personnalité connue des finances. Les journaux français parlaient souvant de lui, sans toujours oublier de faire allusion à ses origines étrangères. A l’époque (vers les années 30) je connaissais une doctoresse hongroise, qui était en relation avec Mme Finaly mère. Elle m’a raconté que cette dame faisait venir un orchestre tzigane à ses réceptions.

Pour vous être agréable, je suis allé voir à la Bibliothèque Nationale s’il existait quelque chose de ou sur M. Finaly. J’ai seulement trouvé le catalogue de sa collection de manuscrits à enluminures ; collection du « baron Horace de Landau » vendue en 1948 à Londres par sa nièce, Mme Finaly.

Je suppose que les archives de la Banque de Paris et des Pays Bas, 3, rue d’Antin, Paris 2°, seraient à même de vous renseigner sur le rôle de M. Finaly dans les finances.

En ce qui concerne mes traductions, voici, d’abord, les livres :

Les Grands Poètes Hongrois du XIX° siècle. Volume paru à la Renaissance du Livre ; collection « Les cent chefs-d’oeuvre étrangers » en 1937. Le livre comprend un portrait de Petofi ; une introduction de 27 pages, et des traductions allant de Berzsenyi à Reviczky, Komjàthy, J. Kiss, Endrödy. C’est le seul ouvrage dont je puisse vous envoyer un exemplaire très défraîchi, si vous le désirez. – Une amie française m’a raconté, récemment, qu’on lui avait remis un exemplaire de ma traduction de l’Hymne National, lorsqu’elle est allée assister à une fête de l’Institut Hongrois.

Contes et légendes hongrois, paru en 1940 dans la célebre collection des Editions Nathan. Le livre a été réédité 5 ou 6 fois, jusqu’à ces toutes dernières années. Je possède un compte-rendu très favorable, que le poète bien connu Robert Desnos a fait paraître, peu avant d’être arrêté et déporté.

Revues et autres travaux

« Un chantre hongrois du Midi français, André Ady » article, avec des bouts de traduction, paru en janvier 1928 dans la revue toulousaine Le Bon Plaisir. (J’ai soutenu ma thèse de doctorat à Toulouse). Je crois me rappeler que, dans la même revue, j’ai publié également, un peu plus tard, un article sur Petofi.

La tragédie de l’homme et Faust long essai paru dans la Revue de Littérature Comparée, entre 1932 et 1934.

Tendences actuelles de la littérature hongroise, tome XVII de l’Encyclopédie Française fondés par Anatole de Momzie. Cette Encyclopédie existe encore, mais, comme la plupart des articles n’ont pas eu les mises à jour promises, elle n’a plus qu’une valeur historique.

Vers la même époque, j’ai fait une conférence à la Radio sur Ady, poète de Paris. Mais je n’ai ni le texte, ni aucune date précise.

Vers la même époque, également, j’ai publié dans la Grande Revue, revue disparue depuis la guerre, un essai sur Jenny Varnai, également avec des traductions. Je crois me rappeler que la revue Nyugat en a rendu compte assez longuement.

A cette époque, également, j’ai collaboré à l’Anthologie Hongroise publiée à Paris (Editions Sagittaire) par le Professeur Hankiss, que j’ai rencontré à Paris. Je suppose que ce livre est accessible à Budapest. Je ne le possède pas, malheureusement, et j’ai publié les noms des autres collaborateurs.

A l’occasion de cette Anthologie, en quelque sorte, la revue de traductions Ygrasill (titre emprunté à la Mythologie du Nord) a consacré un numéro spécial à la poésie hongroise. J’y ai collaboré avec, je crois, une traduction d’Arany. La sortie de ce numéro a été célèbre par un déjeuner présidé par Paul Valery.

Enfin, j’ai sous les yeux, le numéro du 1er mars 1937 de la revue grand format à couverture rouge Le Mois (Synthèse de l’activité mondiale), contenant un article de 15 pages consacré à « La littérature Hongroise d’Aujourd’hui ». C’est, évidemment, bien dépassé aussi.

Dans sa lettre, M. Kovacs parle de traductions de Zilahy. Je me souviens d’avoir eu un entretien avec Zilahy, lors d’un de ses passages à Paris, mais j’ignore où ces traductions ont pu paraître.

L’évocation de ce passé lointaine m’a rajeuni quelque peu et, comme j’en ai bien besoin, je vous en remercie.

Croyez, cher Monsieur, à mes sentiments les meilleurs. Bencze