GLV035

27, rue Surcouf Paris 7ème
Date: 26-11-1963
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Typed letter
Publisher: Tüskés Anna (24-05-2017)
Folio number: 1

Mon Cher Pali,

J’ai bien reçu ta lettre et je suis heureux d’apprendre que le recueil d’Illyés t’a plu. Evidemment, il a été très important que le nom de Carver y ait figuré, mais pour la prochaine publication, c’est-à-dire pour Weöres, tu n’échapperas pas à la dédicace !

Je comprends très bien tes doléances (parfaitement justifiées) à propos de l’imprimerie. Pour autant que j’aie pu voir les choses, je crois que presque toutes les erreurs et la plupart des malentendus viennent du fait que les dirigeants de l’imprimerie n’osent pas t’avouer qu’ils ne connaissent pas l’anglais. Si j’ai un conseil à te donner, c’est que tu devrais à l’avenir adresser toute la correspondance à Magda et que tu pourrais la charger de la liaison avec l’imprimerie. Cela ne lui demanderait pas trop de temps et au moins tu te trouverais en face d’une « responsable ». Quand à elle, je vais lui tirer les oreilles, au moins par correspondance. Elle devrait, à chaque fois, te répondre ? Je suis persuadé que si tu agis ainsi, tous les problèmes pourront être facilement résolus et qu’après une période de « rodage » et de flottement pénibles, les choses pourront s’arranger.

J’attends de parler à Jelenski d’un jour à l’autre et je lui dirai sans faute de te téléphoner un jour, avant 9 heures du matin.

Je suis navré que tu sois si pessimiste pour la demande que je t’ai formulée à propos d’Illyés. Crois-moi pourtant elle est justifiée dans la mesure où de telles demandes peuvent l’être : il fait actuellement un vaste panorama de la poésie française contemporaine avec la collaboration des poètes français eux-mêmes. Ces deux soirées poétiques ont été de très grand succès : l’Express lui a demandé un interview d’une page et tu as pu voir l’autre interview, très courageuse, reproduite par Irodalmi Ujsag. Je crois que Leich, qui m’a remercié très chaleureusement de l’exemplaire dédicacé que je lui ai envoyé, ne serait peut-être pas trop mal disposé. Mais évidemment, ainsi que tu me le conseilles, je tâcherai de toucher un mot à Carver, à condition bien entendu que j’arrive à mettre la main dessus.

Toujours à propos d’Illyés, tu me rendrais un grand service si tu pouvais faire passer dans Aréna la petite allocution de Goffin pour laquelle je serai ravi de pouvoir faire un chapeau de présentation. C’est tout de même une affaire de PEN. Bien entendu, il faudrait couper la phrase dans laquelle Goffin parle du prix de la Paix qui vient d’être attribué à Caillois. Il ne faudrait pas faire naître des jalousies à retardement.

Je sais que tu te démènes sans compter pour ce que tu appelles « les affaires publiques » et de mon côté je t’en suis bien reconnaissant... avec de très nombreux amis communs !

Je te serre bien fraternellement la main.

Laci