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89. BOULEVARD MONTPARNASSE PARIS VIe
Schweidel-u. I6/a / BUDAPEST XI (Hongrie)
Date: 29-07-1948
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Typed letter
Publisher: Tüskés Anna (25-10-2017)
Folio number: 1

Cher Monsieur,

Pardonnez-moi d'avoir si longtemps laissé sans reponse votre lettre du 26 Janvier; j'ai tant de travail que le temps s écoule d'une façon extrêmement rapide, et je suis toute étonnée de voir qu'il y a 6 mois que vous m'avez écrit ! − Je vous remercie de vous intéresser à notre travail, et j'espère qu'il vous sera possible d'organiser un groupe d'amis en Hongrie. Votre pays et votre peuple étaient de ceux pour lesquels mon mari avait le plus de sympahie, et j'aimerais que cette sympathie se manifeste dans l'organisation même de l'Association. − Je suis actuellement en pourparlers avec l'Université de Paris pour une Fondation Romain Rolland; on me promet une salle où je pourrai déposer la bibliothèque de mon mari, et toutes ses Archives, ainsi que les documents de toute sorte que notre Association a déjà reçus [?] de divers pays, et qu'elle continuera certainement à recevoir. La Fondation R.R. deviendra, je l'espère, un centre de culture mondial; où viendront travailler les intellectuels français et étrangers, désireux d'étudier l'oeuvre de R.R., son influence, ou l'histoire de son époque. Je ne voudrais pas que la Section HONGRIE soit mal représentée. Pour le moment, je ne possède que quelques éditions hongroises des oeuvrez de mon mari, et les textes de ses lettres à deux Hongrois, dont l'un habite actuellement en Yougoslavie, et dont l'autre est Ferenc HUGAI, qui m'a envoyé les clichés d'une partie de ses lettres. J'espère que vous retrouverez aussi celles que vous avez reçues. J'ai aussi retrouvé les adresses des personnes avec qui mon mari a correspondu pour son travail sur la vie et l'oeuvre de Beethoven. Il n'y avait pas que Mlle Marianne CZEKE, dont je regrette beaucoup la disparition. Mais elle avait sans doute des héritiers, et je veux espérer que les lettres de mon mari ontté [ ?] conservées. Ce serait justement très intéressant de montrer la part que la Hongrie a eue dans l'élaboration de l'oeuvre de mon mari. J'ai toutes les lettres et tous les documents qu'on lui a envoyés à ce sujet, mais il faudrait aussi avoir les textes des lettres de Romain Rolland. J'espère que vous pourrez m'aider à les retrouver. Je n'en demande, bien entendu, que des copies, si possible sous forme de microfilms (ce qui est d'ailleurs meilleur marché que des copies dactylographiées.) Nous avons un appareil pour la lecture des microfilms.

Est-ce que M. André de HEVESY est vivant ? Il y a dans la bibliothèque, de {R.R. plusieurs de ses livres qu'il avait envoyés à R.R. dédicacéa. R.R. lui a certainment répundu, et A. de Hevesi doit avoir des lettres. Pourriez-vous me renseigner làdessus, et me dire si ces lettres ont été conservées, soit par A. de Hevesy, soit par ses héritiers ?

Evidemment, vous n'avez pas la possibilité de vous occuper personnellement de toutes ces recherches, mais peut-être trouveri ezvous quelque jeune homme ou quelque jeune femme que cela intresserait, et qui travaillerait sous votre direction.

On m'avait parlé, il y a presque un an, d'un projet de monter le ROBESPIERRE de mon mari au théâtre de Budapest. S'il se réalise, j'aimerais avoir deux ou trois affiches, et quelques exemplaires du programme, ainsi, bien entendu, que toutes les coupures de journaux, bonnes ou mauvaises, sur cette pièce.

Le comte Michel Karolyi est, paraît-il, actuellement en Hongrie. Vous savez sans doute que mon mari l'a rencontré et a correspondu avec lui, et qu' il avait pour lui une grande sympathie. Il est au courant de notre Association, et a semblé s'y intéresser. Je viens de lui écrire à l'adresse de l'Ambassade, qui m'a promis de lui faire suivre ma lettre et je lui ai dit que de votre côté vous vous intéressez à nous. Je lui demande même de nous rapporter, lors de son retour à Paris, tout ce que vous auriez pu amasser comme documents relatifs à Romain Rolland, et pouvant servir aux Archives de la Salle Romain Rolland que nous espérons établir dans une des grandes Bibliothèques de Paris. Je vous serais très reconnaissante, Cher Monsieur, s'ilv ous était possible de profiter de ce voyage du Comte Karolyi et de nous faire parvenir par éditions, affiches de thêatre, etc.

Croyez, je vous prie, Cher Monsieur, à mes sentiments les meilleurs.

Marie Romain Rolland