VAR002

Date: 27-12-1912
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Letter written by hand
Publisher: Tüskés Anna (16-05-2017)
Folio number: 2

Cher Monsieur !

Plusieurs semaines s’écoulaient, depuis que j’ai pris la résolution de vous écrire, pour remercier les belles cartes, et pour causer un peu avec Vous, - mais d’abord, je ne savai pas, si Vous êtez déjà rentré de votre voyage en Italie, puis j’étais occupée, et ce n’est qu’aujourd’hui que je suis arrivée à accomplir ce devoir agréable. (C’est à dire : agréable pour moi ; - mais je ne sais pas, si ce l’est à Vous.)

Nous sommes retournés en septembre de Szováta, où j’esperai toujours Vous rencontrer un beau jour, (en nous promenant avec Maman, nous regardions attentivement tous les hommes, en espèrant Vous apercevoir, mais c’était en vain, comme Votre carte nous l’apprenait après – l’était très d’hommage – mais enfin, l’espoir nous est resté pendant deux semaines.) Ici nous continuons notre vie accoutumée, je « visite » l’école, et la société littéraire du gymnase, où vous immaginez Vous ! – je mène un rôle assez important, comme auteur de plusieurs poésies, et d’une nouvelle, intitulée « la migraine » que j’avais assez de l’audace de Vous présentez comme « traduction » l’année passée. (Mais je suppose, que vous avez assez de chance pour l’avoir oublier déjà.) Mon frère nous visitait aussi pour un moi[s], et il lui réussit de devenir pendant ce temps tout à fait célèbre, à cause de quelques oeuvres journalistiques, plein de fureur et de râge contre Tisza, et traitant d’une manière tout à fait familiaire la question du Balean à la grand stupéfaction de la famille, et je pense aussi des lecteurs de l’« Uj Nagyvárad ». Enfin, comme Vous voyez, une maladie d’écrivain s’est emparée de notre famille, excepté les « vieux » (oh, mon Dieu, pardon, Maman va s’évanouir) et comme vous pouvez remarquer, j’ai encor la coutume de plaisanter, et je m’éloigne quelquesfois beaucoup de ce temps, souhaité par Vous, lorsque le rire ne serait plus à la mode. (Excepté les jours, lorsque on parlait de la guerre prochaine, parce qu’alors je vivai dans une constante agitation, Vous pouvez vous immaginer mes terreurs – et je crois même avoir perdu en ce temps quelques kilogrammes, à la grande consternation de Maman qui prévoyait avec peur les effets causées si la guerre venait vraiement d’éclater. Cette situation tragique ne durait cependant que quelques jours, puis, les prévoyances dodoniques de monsieur Ágoston, qui s’arrétait sur le mot prononcé, que le danger de la guerre n’est qu’une fiction, me rendaient le courage ; c’est à dire ce demi-courage* caractéristique chez ma personne.) Mais, outre ces événements intéressantes ( ?), il y a encor d’autres, qui vous interesseront plus, par exemple, que nous avons de nouveau un chat, c’est à dire, nous avions deux, (Votre ami, M. Pálosi les a même vu à Szováta) ; ils furent apportés dans une boîte à chapeaux, mais nous ne gardions que l’un appelé Tigre, un vraie tigre de poche, qui est vraiement le plus beau des chats, que j’ai vus de ma vie. C’est m’animal adoré de Me. Edelmann, qui passait deux semaines chez nous l’été, et M. Berkovits et Me. Ágoston rivalisent aussi à cause de ses grâces. (Pas les grâces de Me. Edelmanne, mais celle du chat.) Je ne peux pas vous décrire les génialités de l’animal adoré, je veux seulement noter l’une de ses actions geniales. Si nous l’appelons : « Muczi, viens-tu tout de suite, ou ne viens tu pas ? » alors il vient, ou il ne vient pas. Si nous rions de ses drôleries, et admirons ses mouvement gracieux, nous n’oublions jamais de crier : « oh, si Monsieur Horvát était ici ! » Je crie quelquesfois avec une telle véhémense, que Papa est tout à fait effrayé. Papa se porte bien, et il vous salue aussi. Le thème de la physiologie de la nature n’est pas encor épuisé. Maman parle aussi beaucoup de Vous, et elle exprime souvent le souhait de partager ses idées avec Vous, tout en maniant son jeu de patience. J’ai reçu maintenant à Noël « les misérables » de V. Hugo, et je le lis avec passion. Pensez, je fais des progrès dans le violon, parce que j’ai un nouveau maitre, « des Herr Kapellmeister vom Regiment 101. Je joue assez, et je me souviens encor de Votre « Albumblatt » Cela serait gentil de Vous, si Vous me l’enverrez un jour. Maintenant je prends congès de Vous. Pardonnez moi ces bavardages. Je souhaite un heureux nouvel ans et Vous salue avec le respect ancien.

* mit szól ehhez a poupés szóhoz ?!