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Schirmerstrasse 5, Karlsruhe, Bundesrepublik
Date: After June 1958
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Letter written by hand
Publisher: Tüskés Anna (14-05-2017)
Folio number: 1

Mon cher Pali

Le quai d’Orsay a transmis un peu lentement ta lettre à l’Ambassade qui me l’a réexpédiée ici où après avoir dirigé le Centre fermé il y a 4 ans j’ai continué toujours pour les Affaires Etrangères de faire le même travail : commis voyageur en culture française, organisateur de manifestations, professeur à l’Ecole Polytechnique, à l’Académie des B[eau]x Arts et à l’Académie de musique [ ?] n’insistons pas. Quant à ma lettre, c’est une drôle d’histoire – en réalité elle portait l’adresse de Cs. Szabo Laci car je lui recommandais un garçon, frère d’une amie de mon ex-secretaire Martha Tauszky et que j’ai bien connue moi aussi, qui a posé sa candidature pour poste à la B.B.C.

Je répete donc les quelques détails. Szalay Tamas habitant Zürich il a posé sa candidature sous le nom de Thomas von Szalay c/o Wohwand, Zeltweg 7 Zürich 7. Né 1929, etudes au lycée de Sarospatak où il a passé son bachot en 1947. Parle et écrit parfaitement hongrois, allemand, anglais. N’ayant pu entrer à l’Université à Bpest a travaillé pour gagner sa vie à l’usine Tungsram depuis 48 comme anyagbeszerző et a suivi de 1953 à 56 les cours du soir de l’Académie des langues étrangères et a obtenu son diplôme de traducteur français-hongois. Il a quitté la Hongrie lors la révolution, a travaillé à Vienne pendant quelques mois comme traducteur et interprète au International Committee for European migration, secretaire ensuite du Bécsi Magyar Hirado depuis juin 58 employé de banque à Zürich où il a un oncle. Thès cultivé, très bonnes manières me dit Martha.

Je demandais donc à Laci s’il pouvait faire quelque chose en faveur de ce garçon qui avait écrit à la BBC à la suite une annonce parue dans la presse. Et voilà.

Mais cette curieuse histoire nous a permis tu le vois de reprendre contact. J’ai d’ailleurs lu ce que tu as écrit dans la Latohatar et le Irodalmi Ujsag et j’ai tout particulièrement pensé à toi en écrivant l’été dernier pour un n° en préparation du Temps des Hommes une evocation de ma vie à Budapest et en particulier de nos promenades d’autrefois les samedis après-midi. Irène va bien : elle m’aide en ce moment à traduire des poèmes hongrois. Ma vie à Karlsruhe n’est a rien et ne saurant être comparable à ce que fut pour moi le Budapest de notre jeunesse et même le Budapest d’ensuite. Mais on m’y fiche la paix et je peux de temps en temps y travailler pour moi. On doit jouer ici dans un petit théâtre fin octobre une de mes pièces. J’ai quelques bons amis. Et voilà mon cher Pali l’essentiel. Nous t’embrassons Irène et moi de tout coeur.

François