Franco-Hungarian Literary Relations in the Twentieth Century

"Édes Ernőm, ezuttal még egy versen kivül mást nem tudok küldeni. Egyébként megfogadtam Fenyő tanácsát: nem politizálok. Ellenben küldök novellát, figyelőt stb. Az önéletrajz szükséges? Kérlek, nem kaptam meg a legújabb Nyugatot. Címem : 92, rue de Lévis. Szóval a réges-régi. Ide kérek lapot, pénzt. Ölel mindőtöket Ady"

Dear Ernő, I can not send anything other than a poem. Otherwise, I took Fenyő's advice: I do not politicize. However I'm sending a story, a lookout, and so on. Is the CV necessary? Please, I did not get the latest Nyugat [West]. My address: 92, rue de Lévis. So the very old. Send the journal and the money here. Your affectionately Ady
Endre Ady to Ernő Osvát, 25th February 1909

"...je suis sûr que les poètes italiens trouveront plus vite un éditeur que leurs compagnons hongrois."

[I am sure that the Italian poets will find a publisher more quickly than their Hungarian companions.]
Prof. P. Vomasin to Joseph Kiss, 6th March 1920

"A votre première question sur la relation entre la politique et la littérature je répondrai très catégoriquement que la politique ne doit pas, bien entendu, diriger la littérature : l’art, haute émanation de l’esprit humain doit être libre. Mais il est absolument impossible à notre époque à la littérature si elle veut jouer son rôle d’éclairement sur les choses et sur les idées, de se désintéresser des grands problèmes politiques. Cela s’est passé et était peut être bien fondé à d’autres époques, mais actuellement les crises sévissant sur les ensembles humains, les grandes nécessités de réorganisation collective ont pris une importance vitale et l’homme de lettre ne peut pas passer à côté de cela sans abdiquer toute la noblesse de son rôle et sans réduire celui-ci à n’être qu’une industrie de distraction et d’amusement."

[To your first question on the relationship between politics and literature I answer very categorically that politics must not, of course, direct literature: art, the high emanation of the human mind must be free. But it is absolutely impossible in our age for literature if it wants to play its role of illumination on things and ideas, to lose interest in the great political problems. This has happened and may have been well founded at other times, but at the present time the crises on human settlements, the great necessities of collective reorganization have taken on a vital importance and the man of letters can not ignore without abdicating all the nobility of his role and without reducing it to being an industry of entertainment and amusement.]
Henri Barbusse to unknown person, 27th May 1925

"Je suis content que l’Annonciatrice m’ait permis de passer ces derniers mois en une sorte d’entretien secret avec vous. Je crains bien que le volume qui suit n’ait beaucoup de peine à paraître. En Allemagne, il n’en est pas question, d’ici à un temps assez long (pas plus, d’ailleurs, que pour l’Annonciatrice) : car mon dernier volume sera tout à fait « unpleasant » pour une partie de l’Europe, à commencer par celle du Duce et celle du Führer."

[I am glad that L'Annonciatrice has allowed me to spend the last few months in a sort of secret conversation with you. I am afraid that the volume which follows will have much difficulty in appearing. In Germany, there is no question of it, in a rather long time (no more, moreover, than for L'Annonciatrice): for my last volume will be quite "unpleasant" for a part of the Europe, beginning with that of the Duce and that of the Führer.]
Romain Rolland to Marcell Benedek, 15th April 1933

"[...] ha van még egy hely a világon, ahol jó élni, az csak Páris lehet. Az élet persze igen drága – azt hiszem Páris ma a világ legdrágább városa – de amikor az ember negyedéves bölcsész, szégyen volna erre gondolni."

[...if there is another place in the world where it is good to live, it can only be Paris. Life is, of course, very expensive - I think Paris is the most expensive city in the world today - but when you're a fourth year student of liberal arts, it would be a shame to think about it.]
István Lajti to Marcell Benedek, 29th September 1934

"Durant les deux mois de mon séjour en U.R.S.S., je n’ai eu personnellement à me plaindre de rien. Mon voyage a été on ne peut plus agréable, d’un bout à l’autre. J’ai rencontré partout l’accueil le plus empressé, le plus cordial, le plus charmant. De tout cela je garde le souvenir le meilleur. Il est vrai que ce que j’ai vu là-bas ne m’a pas toujours satisfait. Mais, plutôt que de me prêter des propos fantaisistes et de prétendues déclarations, mieux vaudrait attendre de lire mon livre Retour de l’U.R.S.S., qui vient de paraître, où j’expose mes critiques et mes craintes avec une complète sincérité."

[During the two months of my stay in U.S.S.R., I had personally to complain about nothing. My journey was most agreeable, from one end to the other. I have met everywhere the most eager, the most cordial, the most charming. Of all this I keep the best memory. It is true that what I saw there did not always satisfy me. But, rather than lend me fanciful words and pretended declarations, it would be better to wait to read my newly published book, "The Return from the U.S.S.R.", where I expose my criticisms and my fears with complete sincerity.]
André Gide, 17th November 1936

"Je ne sais pas, si vous avez appris que j’ai été condamné à 9 mois de prison pour avoir traduit votre Retour... Je viens de sortir de prison et je vous écris pour vous demander de me venir en aide. [...] Depuis le 18 oct. le jour du verdict tous mes moyens d’existence et de travail ont été subitement coupés. [...] Depuis, les maisons d’édition n’osent me donner du travail, les journaux et revues ne publient plus mes écrits. Pour comble, je suis juif. Il faut vous dire encore que tout les condamnés politiques sont surveillés déjà par la police.On pourra et d’un jour à l’autre me mettre sans jugement dans un camp de concentration, tout semblable à ceux que vous devez connaître déjà de réputation."

[I do not know if you have learned that I was sentenced to 9 months in prison for translating your Return... I just got out of prison and I am writing to ask you to help me. [...] Since October 18, the day of the verdict, all my means of existence and work have been suddenly cut off. [...] Since then, the publishing houses do not dare to give me work, the newspapers and magazines no longer publish my writings. To make matters worse, I am Jewish. We must also tell you that all the political prisoners are already under surveillance by the police. From one day to the next I may be put without trial in a concentration camp, very similar to those you must already know of reputation.]
Tibor Déry, in 1938 or first half of 1939

"Je dois faire attention à ne pas « franciser » ce qui est votre poésie propre."

[I have to be careful not to "francise" what is your own poetry.]
Pierre Seghers to Gyula Illyés, 8th August 1955

"la clique de Kados n’a pas permis au meilleurs pianistes d’entrer au finales, ayant peur de perdre les chanches par ceux, qui étaient décidées au prix – bien avant. Voilà ! C’est la vérité du I Concours International Fr. Liszt ! C’est bien domage, qu’on a dépensé tant des Forrints pour faire une mauvaise propagande pour Hongrie à l’étranger."

[The Kados clique did not allow the best pianists to enter the finals, being afraid of losing the chanches by those who were determined at the price - well before. There we are! This is the truth of the 1st International Competition of Fr. Liszt! It is very damaging to have spent so many Forints to do bad propaganda for Hungary abroad.]
A. Domaszowski to unknown person in the redaction of Irodalmi Újság [Literary Newspaper], Budapest

"Qu’est-il ce présent ? c’est le présent des révolutions, le présent des guerres, le présent des camps, le présent des prisons, le présent des tortures, le présent de l’oppression, de la parole humaine et de l’effort intérieur et partout, Mesdames et Messieurs, le présent de la peur installé dans la racine de l’être de la peur de dire. Mesdames et Messieurs, Kirsanov, tout à l’heure – hier, c’est tout à l’heure – nous a parlé de l’absence du rideau de fer qu’en survolant les nuages de la poésie, les nuages heureux de la poésie, il n’avait pas vu, certes c’est bien possible, mais le vrai rideau de fer, il n’est pas là, il est à l’intérieur de nous-même, c’est le rideau de fer qui fait qu’il nous est permis de tout dire, sauf cela précisément, le tabou contre lequel nous ne pouvons parler."

[What is this present? It is the present of revolutions, the present of wars, the present of the camps, the present of prisons, the present of tortures, the present of oppression, of human speech and of internal and everywhere effort, Ladies and Gentlemen, the present of the fear installed in the root of being the fear of saying. Ladies and gentlemen, yesterday, Kirsanov told us about the absence of the iron curtain by flying over the clouds of poetry, the happy clouds of poetry. He had not seen, certainly it is possible, but the real iron curtain, it is not there, it is inside of ourselves, it is the iron curtain which makes that we are allowed to say everything, except that precisely, the taboo against which we can not speak.]
Speech by Mr. Pierre Emmanuel, IV International Poetry Biennale, Knokke-Le Zoute, 3-7 September 1959

"Tes poèmes me poursuivent en rêve. Après les Belles de Budapest les succubes de la poésie hongroise. Que de bâtards nés de ces enfantements. Malheureux parrain que tu es. [...] Je t’embrasse en Karinthy et en Batsányi pour ce soir."

[Your poems pursue me in dreams. After the beautiful Budapest, the succubes of the Hungarian poetry. How many bastards born of these births. Unfortunate godfather that you are. [...] Greeting with Karinthy and Batsányi for tonight.]
François Gachot to Ladislas Gara, around 1960

"Je ne te dirai pas combien d’heures j’ai passé sur le Radnoti. Tout l’or de la Hongrie (et l’uranium) ne suffiraient pas à me payer."

[I will not tell you how many hours I spent on the Radnoti. All the gold (and uranium) of Hungary would not be enough to pay me.]
François Gachot to Ladislas Gara, around 1960

"Je souhaite, vous le savez, un grand succès à votre oeuvre qui tend des ponts de l’une à l’autre rive : ce dont nous avons le plus besoin."

[I wish you, as you know, a great success to your work, which bridges from one side to the other: what we need most.]
Robert Sabatier to Ladislas Gara, around 1960

"En effet l’anthologie telle qu’elle se présente aujourd’hui peut éveiller beaucoup de susceptibilités parmi nos poètes. [...] On aurait préféré également une préface écrite par un poète français et non pas un Hongrois émigré."

[Indeed the anthology as it is presented today can arouse many susceptibilities among our poets. [...] We would also have preferred a preface written by a French poet and not a Hungarian emigre.]
Béla Köpeczi to Paul Flamand (Editions du Seuil), 26th April 1962

"Je ne cesse pas de relire vos traductions. Savez-vous que cet Horribles Temps – si touchant par le fait qu’il était le dernier – n’est pas assez « travaillé » en hongrois ? Or, en français c’est parfait. Il m’a donné un frisson que je n’ai jamais senti – à cause de l’imperfection prosodique – en hongrois."

[I do not stop to re-read your translations. Do you know that this Horrible Time (Szörnyű idő / A time of fear by Petőfi - so touching by the fact that it was his last poem - is not enough "worked" in Hungarian? Now, in French it is perfect. It gave me a thrill that I never felt in Hungarian because of the prosodic imperfection.]
Gyula Illyés to Jean Rousselot, 27th May 1962

"...je suis un prolétaire des lettres."

[I am a proletarian of letters]
Endre Bajomi Lázár to Aurelien Sauvageot, 13th May 1963

"Eh bien, ce qui se dit d’être la traduction de ma nouvelle, c’est sa caricature, ce n’est pas mon texte que je retrouve, mais sa transposition en lecture pour jeunes filles, un compte rendu plat de ce que j’ai écrit."

[Well, what is said to be the translation of my story is its caricature, it is not my text that I find, but its transposition in reading for girls, a flat account of what I wrote.]
Tibor Déry to Nadeau, 17th January 1964

"...bardes du Danubes..."

[bards of the Danube]
Lucien Feuillade to Ladislas Gara, 14th March 1966

"Nous sommes dans un pays où le laisser-aller triomphe sur toute la ligue. Les gens se foutent perpétuellement de tout ce qui n’est pas la bouffe ou le moyen de tirer de plus en plus d’argent de partout où c’est possible – exception faite quand il s’agit de leurs voitures."

[We are in a country where "let go" triumph over the whole league. People are perpetually fucking about anything that is not food or the way to get more and more money from wherever possible - except when it comes to their cars.]
Francois Gachot to Endre Bajomi Lázár, 6th April 1976

"Quant à la pénétration de la littérature hongroise en France au 19° siècle, il me semble qu’elle a souvent eu un arrière-plan extra-littéraire."

[As for the penetration of Hungarian literature into France in the 19th century, it seems to me that it has often had an extra-literary background.]
Jenő Bencze to Endre Bajomi Lázár, 23rd August 1976