SZD002

Date: [1912]
Language: French
Repository: Petőfi Museum of Literature
Document type: Letter written by hand
Publisher: Tüskés Anna (29-08-2017)
Folio number: 2

Monsieur !

Je viens d’expédier deux bouts d’articles à M. Ignotus sur Fouillée et P. Fort et dans quelques jours j’enverrai une étude sur mon cher ami Whitman.

Paris est envahi de bandes hongroises. A chaque coin on est foutu d’ecclamations : oh, Vous voilà ! – suivies d’insolentes joies compatriotiques.

J’ai essuyé le même miracle que Mme Mlle la Vierge Marie : j’ai subi l’immaculata conception. En lisant Auguste Comte, je me suis juré d’écrire tout un livre sur lui, un livre bien documenté mais vivant et qui fasse des démangeaisons d’être humain. Je crois que le temps est venu de combattre tous les débagouleurs d’un moi impotent.

Et maintenant vient :

Le chien enterré

Selon la conception matérialiste de l’histoire, les événements purement psychiques sont les résultats des causes matérielles latentes. Par exemple : si je suis impudent, mon impudence est conditionnée par des faits organiques ou économiques, donc : mon impudence n’est pas à moi, elle est déterminée par l’immense enchaînement des causes et des effets, mon impudence est dans l’univers, en résument : j’agis impudemment : donc l’univers est impudent.

Oh, Monsieur, excuser l’Univers, car il est très impudent en Vous adressant dans moi et par moi une grande prière, mais qui ne concerne par la Nyugat.

Dans quelques jours je Vous enverrai un qrticle sur l’esthétique d’Au. Comte. Je Vous prie immensément, incommensurablement de le passer à M. Oscar Jászi et de le persuader à m’avancer 200 couronnes. Tous les mois sept-oct. je lui enverrai de articles sur Tarde, sur les idées sociales de Fouillée etc.

Je ferais moi-même cette demande, mais je connais si peu M. Jászi, il me connait encore moins, mais Vous, son ami, vous pouvez attester que je suis digne de la confiance de jeunes filles et des rédacteurs. Pourtant, si pour quelque cause cela Vous est désagréable, je Vous prie de faire jeter l’article dans une boîte de poste.

Je suis entre deux impossibilités qui se contredisent et qui pourtant ne se réduisent pas au zéro :

1. Il m’est impossible de rester ici plus d’une semaine.

2. Il m’est impossible de m’en aller.

Dans ces conditions l’Univers m’a déterminé à commettre ces vers

 

Halál-Hôtel Életvárosban

 

Halálraszültek laknak Benne,
sápadt Ó-Ház Beteget rókáz
s kacag a Kórház, mintha erre
és sírnak a Halálraszültek.

 

Kacag a Kórház mintha erre,
Nyomor-Hústól telik a gyomra
Özvegy-Szívek és Ifju-Vének
Nincsen-Pénztől hulnak Halomra…
s kacagni kezd a Temető is.

 

És megy Jaj ahhoz, aki Nincsen,
és megy Jaj ahhoz, aki Hallgat:
Nyomor-Hús már kifolyt Zsákjából,
Nyomor-Hús merész lett, mert Jajgat…
s kajánul nincsen, aki Hallgat.

 

s Fekete-Misés Éjszakákon
találgatják víg-bús legények:
Facteur mért jár a Frank uccákon?...
s reszketnek, akik Halva Élnek
s reszketnek, akik Halva Élnek.

 

És ez így előlről megint.

Après ça, il me paraît un crime de tenir la plume à la main. Salut. Rep. Votre très dévoué

Szabó Dezső